Washington intensifie sa présence dans l’Arctique en lançant un programme de construction de brise-glaces de 9 milliards de dollars (6,6 milliards de livres sterling), une décision perçue comme une réponse aux ambitions croissantes de la Chine et de la Russie dans cette région stratégique.
La Garde côtière américaine a annoncé mercredi l’attribution de contrats pour la construction de 11 navires de sécurité arctiques, conformément à la directive du président Trump visant à renforcer rapidement la flotte américaine dans cette zone. Ce programme massif vise à contrer ce que la Maison Blanche décrit comme une « concurrence stratégique croissante, des postures militaires et des empiètements économiques » de la part de puissances étrangères.
Selon les termes du projet de loi, ces nations et leurs activités représentent une menace pour les intérêts américains dans l’Arctique. La construction comprendra un maximum de cinq navires de sécurité arctiques supplémentaires, portant le nombre total de nouveaux navires commandés à 11. La Garde côtière américaine affirme que cette flotte revitalisée constituera « l’épine dorsale » de la présence américaine dans l’Arctique, assurant la protection de la souveraineté et de la domination des États-Unis.
« L’Amérique est une nation arctique depuis plus de 150 ans, et nous agissons enfin en conséquence sous la présidence de Trump », a déclaré Kristi Noem, secrétaire d’État. « Nos adversaires cherchent à accroître leur présence dans l’Arctique, et équiper la Garde côtière de ces navires contribuera à réaffirmer la domination maritime américaine. »
Cette décision intervient après que le président Trump ait exprimé son intérêt pour le Groenland, affirmant que les États-Unis « doivent avoir » cette île, riche en minéraux et considérée comme vitale pour la sécurité américaine. Il a même suggéré la possibilité d’un rachat, craignant que la Russie et la Chine ne cherchent également à s’emparer du territoire danois.
« Les pays doivent avoir la propriété et vous défendez la propriété, vous ne défendez pas les baux », avait-il déclaré en janvier. « Et nous devrons défendre le Groenland. »
La construction des navires sera assurée par Davie Defence, Inc., avec deux unités construites au chantier naval d’Helsinki, en Finlande, et trois construites aux États-Unis. La livraison du premier navire de sécurité arctique est prévue pour début 2028. La Garde côtière américaine souligne que cette acquisition s’inscrit dans le cadre d’une modernisation globale visant à transformer le service en une force « plus agile, plus compétente et plus réactive ».
Le Royaume-Uni a également réagi à la situation en envoyant un officier militaire au Groenland le mois dernier pour soutenir la position du Danemark face aux pressions américaines. Downing Street a confirmé que cet officier participait à un groupe de reconnaissance en préparation d’un exercice Arctic Endurance.
Par ailleurs, malgré cette posture ferme, le président Trump a par le passé affiché une certaine complaisance envers Vladimir Poutine et Xi Jinping. En août 2025, il avait invité le président russe en Alaska pour des négociations, et la Maison Blanche avait confirmé que les deux hommes entretenaient une « très bonne relation » et la « renforçaient ».