Publié le 12 février 2026 05:14:00. Lors d’une visite marquée par la discrétion à Washington, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a cherché à convaincre Donald Trump de maintenir une ligne dure face à l’Iran, alors que des divergences émergent sur la stratégie à adopter concernant le programme nucléaire iranien.
- Benjamin Netanyahu a rencontré Donald Trump à la Maison Blanche pour discuter de la politique à adopter envers l’Iran.
- Des inquiétudes grandissent en Israël face à une possible volonté de Trump de négocier un accord plus souple avec Téhéran.
- La question de l’aide militaire américaine à Israël, actuellement de 3,8 milliards de dollars par an (environ 3,5 milliards d’euros), est également au cœur des discussions.
La septième visite de Benjamin Netanyahu aux États-Unis, et plus précisément à la Maison Blanche, intervient dans un contexte de tensions croissantes concernant le programme nucléaire iranien. Le Premier ministre israélien, fidèle allié de Donald Trump, a profité de cette rencontre pour exprimer ses préoccupations et tenter d’influencer la politique américaine.
Netanyahu s’est entretenu avec le président américain sur la nécessité de maintenir une pression maximale sur l’Iran, craignant que ce dernier ne soit sur le point d’obtenir des concessions trop importantes. Il a notamment souligné les dangers que représente le programme de missiles balistiques iranien, estimant qu’il menace directement la sécurité d’Israël et de la région. Selon une source israélienne citée par CNN, Téhéran pourrait disposer de 1 800 à 2 000 missiles balistiques dans les prochaines semaines.
La rencontre a eu lieu dans un climat de discrétion, sans la présence de la presse lors de la signature d’une déclaration officielle d’adhésion au « Conseil de la paix », une initiative alternative à l’ONU promue par Trump. Cette absence de transparence a alimenté les spéculations sur la nature des discussions et les divergences potentielles entre les deux dirigeants.
En effet, Donald Trump a récemment laissé entendre qu’il pourrait accepter un accord avec l’Iran si celui-ci mettait fin à son enrichissement d’uranium, ouvrant ainsi une porte à des négociations que Netanyahu juge trop conciliantes. Le président américain a même déclaré aux journalistes à bord d’Air Force One qu’il pourrait se contenter de cette condition.
Israël, qui considère l’Iran comme une menace existentielle, insiste pour que toute solution comprenne également un arrêt du soutien iranien à des groupes armés tels que le Hezbollah, le Hamas et les Houthis, ainsi qu’une limitation de l’arsenal de missiles balistiques de Téhéran. Selon Tzachi Hanegbi, ancien conseiller à la sécurité nationale de Netanyahu, une approche similaire à celle adoptée envers Slobodan Milosevic en 1999, avec des bombardements ciblés, pourrait être envisagée pour renverser le régime iranien sans déploiement de troupes au sol.
Parallèlement, la question de l’aide militaire américaine à Israël est en suspens. Netanyahu a proactivement proposé de renoncer à l’aide américaine, qui s’élève actuellement à 3,8 milliards de dollars par an, ce qui témoigne d’une volonté d’affirmer l’indépendance d’Israël. Cependant, cette décision pourrait être perçue comme un défi aux représentants du mouvement MAGA, qui privilégient les investissements nationaux.
La situation est d’autant plus complexe que le prochain gouvernement américain, après les élections, pourrait adopter une approche différente vis-à-vis d’Israël. J.D. Vance, une figure montante du parti républicain, est notamment perçu comme une énigme en ce qui concerne sa position sur la question israélienne, et son attitude face aux critiques d’Israël et à l’antisémitisme au sein de son propre camp suscite des inquiétudes.
En définitive, Benjamin Netanyahu cherche à profiter de la relation privilégiée qu’il entretient avec Donald Trump pour obtenir des garanties sur la politique américaine envers l’Iran, conscient que les conditions pourraient changer avec l’arrivée d’une nouvelle administration à la Maison Blanche.