Publié le 2025-10-10 16:59:00. Donald Trump a ravivé les tensions au sein de l’OTAN en menaçant d’exclure l’Espagne de l’alliance pour non-respect de ses exigences en matière de dépenses militaires, soulevant des inquiétudes quant à la cohésion de l’organisation.
- Donald Trump a suggéré que l’Espagne pourrait être expulsée de l’OTAN si elle ne respecte pas l’objectif de dépenses militaires de 5 % du PIB.
- L’Espagne, qui consacre actuellement 1,3 % de son PIB à la défense, rejette cet objectif, le considérant incompatible avec son modèle social.
- Ces remarques s’inscrivent dans une stratégie de pression de Washington sur ses alliés européens concernant le partage des charges de défense.
Lors d’une rencontre avec le président finlandais Alexander Stubb, le président américain a vivement critiqué le retard de l’Espagne dans ses engagements militaires au sein de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Il a appelé les alliés européens à faire pression sur Madrid pour qu’elle atteigne le nouvel objectif de 5 % du Produit Intérieur Brut (PIB) consacré à la défense, un seuil qu’il défend depuis le début de l’année pour renforcer la capacité d’autodéfense du continent. Cette initiative s’oppose frontalement à la position du Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, qui a qualifié cette cible d’« incompatible avec notre État-providence et notre vision du monde ». L’Espagne se situe actuellement bien en deçà des 2 % du PIB considérés comme la norme actuelle de l’OTAN, consacrant seulement 1,3 % de son budget à la défense.
Cette divergence souligne un fossé grandissant entre les États-Unis et plusieurs de leurs partenaires européens sur la répartition des efforts de défense. Une éventuelle exclusion de l’Espagne, membre fondateur de l’Union européenne et acteur majeur de la sécurité en Europe du Sud, aurait des répercussions notables sur la cohésion géographique et politique de l’alliance. Les propos de Donald Trump s’inscrivent dans une politique étrangère américaine axée sur le levier de la négociation, laissant entendre que les alliés ne répondant pas à ses attentes militaires s’exposent à des conséquences concrètes.
Ces déclarations ont suscité diverses réactions à l’échelle internationale. En Europe, plusieurs diplomates ont exprimé en privé leur crainte que ces commentaires ne viennent « politiser la solidarité de l’OTAN », alors que le continent fait face à des menaces sécuritaires émanant de la Russie et à une instabilité accrue en Afrique du Nord. À Madrid, les responsables ont tendu à minimiser ces propos, les qualifiant de rhétorique de campagne électorale. Du côté des analystes de défense, bien que Donald Trump ne puisse pas expulser unilatéralement un membre de l’OTAN, ses déclarations ont un poids politique indéniable, susceptible d’éroder la confiance au sein de l’alliance.
Les commentaires de Donald Trump devraient faire l’objet de discussions privées entre responsables de l’OTAN avant la prochaine réunion des ministres de la Défense à Bruxelles. Bien qu’aucune mesure formelle contre l’Espagne ne soit officiellement à l’ordre du jour, la pression exercée par Washington est susceptible de s’intensifier, notamment si d’autres États membres ne parviennent pas à atteindre le nouvel objectif fixé par le président américain. Ces informations proviennent de Reuters.