Donald Trump, ancien président américain, est à nouveau au centre de l’attention diplomatique au Moyen-Orient, loué par certains leaders régionaux pour son rôle présumé dans l’obtention d’un cessez-le-feu à Gaza. Ces éloges, venant notamment du Hamas, soulignent une approche diplomatique inattendue pour un homme souvent perçu comme farouchement pro-israélien.
Le groupe militant palestinien attribue en effet à l’ex-président américain une pression décisive sur le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour qu’il accepte l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur vendredi dernier. « Sans l’intervention personnelle du président Trump dans cette affaire, je ne pense pas que la fin de la guerre aurait été possible », a déclaré le Dr Basem Naim, un responsable du Hamas, à Sky News. « Par conséquent, oui, nous remercions le président Trump et ses efforts personnels pour intervenir et faire pression sur Netanyahu pour qu’il mette fin à ce massacre et à ce carnage. » Cette déclaration intervient cinq ans après les Accords d’Abraham, qui avaient normalisé les relations entre Israël et plusieurs pays arabes, marquant alors une réussite diplomatique majeure de son premier mandat.
Au Capitole, des échos bipartisans se font entendre. Le sénateur Richard Blumenthal (Connecticut) a qualifié la perspective d’un cessez-le-feu de « monumentale », reconnaissant le rôle joué par Donald Trump dans ce processus. Le bilan de cet accord est clair : les armes se sont tues dans un conflit déclenché par l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, qui a entraîné la mort de 1 200 personnes en Israël et la prise de 250 otages. Sur la période suivante, le conflit a coûté la vie à environ 70 000 Palestiniens, dont seulement 8 900 étaient identifiés comme combattants du Hamas selon des données des Forces de défense israéliennes datant de mai.
Cependant, l’accord n’est pas sans scepticisme. La première phase, signée par le Hamas et Israël, prévoit l’échange d’otages israéliens contre des prisonniers palestiniens et le retrait des forces israéliennes. Les points cruciaux restant à définir incluent le mode de gouvernance de Gaza après le conflit, et la capacité d’Israël à ne pas reprendre les hostilités une fois ses otages libérés, même avec une présence d’observateurs extérieurs, y compris américains. Les analystes, quant à eux, prennent au sérieux les efforts de Trump, analysant son plan en 20 points comme une rupture significative avec les approches conventionnelles du « Moyen-Orient troublé ».
Depuis 30 ans, la solution au conflit israélo-palestinien était principalement pensée à travers les Accords d’Oslo de 1993, visant à créer un État palestinien en Cisjordanie et à Gaza, territoires occupés militairement par Israël depuis 1967. Cependant, ces accords n’ont pas réussi à concilier le militantisme palestinien et les ambitions territoriales israéliennes, la Cisjordanie abritant aujourd’hui plus de 500 000 colons juifs. Les négociations ont fini par devenir un « schibboleth », permettant à Israël de « gérer le conflit », une politique remise en cause par les événements du 7 octobre 2023.
L’impact diplomatique des événements de Gaza a également été ressenti au-delà des frontières israéliennes et palestiniennes. Israël, accusé par certains experts d’être complice de génocide en raison de la destruction massive à Gaza, a également mené des frappes au Liban, au Yémen, en Iran et en Syrie. Une attaque notable a eu lieu le 9 septembre, lorsque des missiles israéliens ont frappé un complexe au Qatar, pays médiateur clé entre Israël et le Hamas, et allié stratégique des États-Unis abritant une importante base aérienne américaine. La cible était le négociateur en chef du Hamas chargé de mettre fin à la guerre.
Cette attaque contre le Qatar a paradoxalement relancé le processus de paix. Donald Trump, connu pour ses liens avec les monarchies du Golfe, aurait été contrarié par cette action visant un État sous protection américaine. Lors d’une visite de Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche, Trump l’aurait contraint à présenter des excuses au Premier ministre qatari par téléphone, devant des témoins. Des responsables du Hamas, cités anonymement par Reuters, ont indiqué que cet épisode, aux côtés de l’intervention de Trump pour désamorcer les tensions entre l’Iran et Israël, les a encouragés à faire confiance à ses assurances quant à la mise en œuvre de l’accord de paix. « Bien que théâtral, il fait ce qu’il dit », a confié un responsable anonyme du Hamas.
Malgré l’absence de réaction officielle du comité Nobel, le succès diplomatique de Donald Trump a été salué sur des plateformes médiatiques comme MSNBC, et même reconnu par Fox News Channel, démontrant l’impact, même dans un paysage médiatique américain polarisé, de ses actions sur la scène internationale.