Publié le 7 février 2024 11h15. Un attentat suicide revendiqué par un groupe affilié à l’État islamique a frappé une mosquée chiite à Islamabad, au Pakistan, faisant au moins 31 morts et 169 blessés, alors que les funérailles des victimes se déroulaient sous haute sécurité.
- L’attaque, l’une des plus meurtrières à Islamabad depuis 2008, a été revendiquée par l’État islamique au Pakistan.
- Les autorités pakistanaises affirment avoir identifié le kamikaze, ses complices et arrêté le cerveau de l’attaque.
- L’incident survient dans un contexte de recrudescence des attaques militantes au Pakistan et de tensions avec l’Afghanistan concernant l’hébergement de groupes armés.
Les forces de l’ordre pakistanaises ont lancé des opérations à Islamabad et dans le nord-ouest du pays, menant à plusieurs arrestations, dont des membres de la famille du kamikaze et un ressortissant afghan soupçonné d’avoir orchestré l’attaque. Selon les premières investigations, l’attentat aurait été planifié depuis l’Afghanistan, ce qui soulève des inquiétudes quant à la sécurité régionale. Le ministère afghan de la Défense a condamné l’attaque, mais a rejeté les accusations du ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Mohammad Asif, qui avait pointé du doigt l’Afghanistan.
L’attaque de vendredi a visé une mosquée chiite située à la périphérie de la capitale pakistanaise. Le kamikaze a d’abord ouvert le feu sur les agents de sécurité à l’entrée avant de faire exploser sa ceinture explosive à l’intérieur du lieu de culte. L’État islamique a revendiqué la responsabilité de l’attentat, justifiant l’attaque en qualifiant les chiites pakistanais de « réservoir humain » fournissant des combattants aux milices chiites en Syrie.
Plus de 2 000 personnes ont participé aux funérailles des victimes, qui se sont déroulées sous haute sécurité dans la mosquée même où l’attentat avait eu lieu. Les cercueils des victimes ont été ramenés pour les prières funèbres, en présence de dirigeants de la communauté chiite et de hauts responsables gouvernementaux. Les funérailles des autres victimes se dérouleront dans leurs villes d’origine.
Cet attentat rappelle celui de 2008 contre l’hôtel Marriott d’Islamabad, qui avait fait 63 morts et plus de 250 blessés. En novembre dernier, un autre attentat suicide avait frappé devant un tribunal de la capitale, tuant 12 personnes. Le Pakistan connaît actuellement une augmentation de la violence militante, imputée notamment aux séparatistes baloutches et au Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), un groupe distinct mais allié aux talibans afghans.
Le Premier ministre Shehbaz Sharif a exprimé sa gratitude pour les messages de sympathie reçus du monde entier et a promis de traduire les auteurs de l’attentat en justice. Il a souligné l’importance du soutien international dans la lutte contre le terrorisme. L’attaque a été condamnée par la communauté internationale, notamment par les États-Unis, la Russie et l’Union européenne.
Le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Mohammad Asif, a déclaré que l’attaque démontrait que les militants opérant depuis l’Afghanistan étaient capables de frapper même au cœur de la capitale pakistanaise.
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Samy Magdy (Le Caire), Riaz Khan et Rasool Dawar (Peshawar, Pakistan), et Ishtiaq Mahsud (Dera Ismail Khan, Pakistan) ont contribué à cet article.