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Un antibiotique courant pourrait réduire les risques de schizophrénie, selon une étude

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Publié le 2025-11-05 09:00:00. Une nouvelle étude, publiée dans le Journal américain de psychiatrie, suggère qu’un antibiotique couramment prescrit, la doxycycline, pourrait réduire de manière significative le risque de développer une schizophrénie chez les adolescents. Ces résultats, bien que qualifiés de « provisoires », ouvrent des perspectives intéressantes pour la prévention de cette maladie mentale invalidante.

  • Une étude sur plus de 56 000 adolescents finlandais a révélé que ceux ayant reçu de la doxycycline étaient 30 % à 35 % moins susceptibles de développer une schizophrénie.
  • Les chercheurs avancent que la doxycycline pourrait agir en réduisant l’inflammation cérébrale et en influençant l’élagage synaptique.
  • Des experts indépendants appellent à la prudence, soulignant la nécessité de recherches supplémentaires pour confirmer ces observations préliminaires.

La schizophrénie, qui touche environ 23 millions de personnes dans le monde, est une affection psychiatrique sévère caractérisée par des hallucinations, des délires et des troubles de la pensée, apparaissant généralement au début de l’âge adulte. Bien qu’il n’existe pas de remède, des traitements médicamenteux permettent de gérer ses symptômes. Cette nouvelle recherche, menée sur une large cohorte d’adolescents en Finlande, suggère un rôle potentiel pour la doxycycline, un antibiotique fréquemment utilisé pour traiter diverses infections et l’acné.

L’équipe de recherche, dirigée par Ian Kelleher de l’Université d’Édimbourg, a analysé les données de plus de 56 000 jeunes. Parmi eux, plus de 16 000 ont reçu une prescription de doxycycline. Les résultats indiquent une diminution notable du risque de développer une schizophrénie à l’âge adulte pour ce groupe, comparativement aux adolescents traités avec d’autres antibiotiques. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un essai randomisé, ce qui empêche d’établir un lien de causalité définitif, les chercheurs émettent l’hypothèse que le mécanisme d’action de la doxycycline pourrait expliquer cet effet protecteur. Ils pointent notamment son potentiel à réduire l’inflammation cérébrale et à moduler l’élagage synaptique, un processus neuronal dont une altération a été associée à la schizophrénie.

Ces résultats sont accueillis avec un mélange d’enthousiasme et de prudence par la communauté scientifique. Ian Kelleher a qualifié ces découvertes de « signal important pour étudier plus en détail l’effet protecteur de la doxycycline et d’autres traitements anti-inflammatoires chez les adolescents patients en psychiatrie », espérant que cette approche pourrait « potentiellement réduire le risque de développer une maladie mentale grave à l’âge adulte ».

Cependant, des voix indépendantes appellent à ne pas tirer de conclusions hâtives. Dominic Oliver, chercheur à l’Université d’Oxford, rappelle que de nombreuses pistes prometteuses se sont révélées inefficaces lors d’études à plus grande échelle. Le Dr Katharina Schmack, du Francis Crick Institute au Royaume-Uni, souligne que même si les résultats sont statistiquement significatifs, l’impact sur les chiffres absolus reste modeste. Selon ses estimations, sur une période de quinze ans, le risque de développer une schizophrénie passerait d’environ 5 % à 2 % ou 3 % parmi 100 personnes traitées par doxycycline. Elle suggère que ces observations devraient avant tout stimuler de futures recherches sur les mécanismes biologiques du développement cérébral et de l’inflammation dans le cadre du risque de schizophrénie.

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