Publié le 18 février 2026 à 16h54. Un violent incendie de végétation qui a ravagé près de 4,5 kilomètres carrés dans la municipalité d’Ørland, en Norvège, a mis en évidence la nécessité d’une meilleure préparation aux risques d’incendie, notamment en matière d’aménagement des espaces autour des habitations.
- Quarante-cinq personnes ont été évacuées de leurs foyers, mais les dégâts matériels ont été limités à un seul garage détruit.
- Des chercheurs mettent en garde contre la multiplication des incendies de forêt en raison du changement climatique et soulignent l’importance de mesures préventives.
- Un guide pratique pour protéger les habitations contre les incendies de forêt a été élaboré par des experts et mis à disposition du public.
L’incendie, qui s’est déclaré le week-end dernier, a menacé directement plusieurs habitations. Arnhild Berg Hellem, une riveraine, témoigne de l’angoisse ressentie :
« Nous étions assis à regarder et nous avons pensé que le feu se rapprochait dangereusement. »
Arnhild Berg Hellem, riveraine
Elle et son mari, Terje, ont été évacués dimanche après-midi. Plus tard dans la nuit, l’incendie a ravagé leur garage, situé à seulement trois mètres de leur maison. Malgré l’évacuation de 45 personnes, les pompiers ont réussi à maîtriser les flammes après des efforts soutenus.
Selon les premiers éléments d’enquête, l’absence d’une végétation dense à proximité des habitations a contribué à limiter la propagation du feu. Arnhild Berg Hellem explique avoir déboisé une partie de sa propriété ces dernières années, en partie pour profiter d’un meilleur ensoleillement, mais aussi par précaution, se souvenant notamment de l’incendie qui avait ravagé Flatanger. Elle a également souligné avoir acquis des connaissances en matière de sécurité incendie lors d’une formation professionnelle.
« Je pense que notre maison a survécu parce que les arbres avaient été abattus. J’en suis presque certaine. »
Arnhild Berg Hellem, riveraine
Des chercheurs de RISE Fire Research, centre norvégien de compétences en ingénierie incendie, ont examiné la zone sinistrée afin de comprendre les facteurs qui ont permis de limiter les dégâts. Ils soulignent que, contrairement à ce qui se pratique couramment en Californie, la prévention des incendies de forêt n’est pas encore une priorité en Norvège.
« En Californie, il est courant de protéger ses maisons contre les incendies de forêt, alors qu’en Norvège, nous n’y sommes pas vraiment habitués. Rendre son jardin résistant aux incendies ne fait pas encore partie de nos réflexes. »
Ragni Fjellgaard Mikalsen, chercheuse à RISE Fire Research
Les chercheurs prévoient une augmentation du nombre d’incendies de forêt dans les années à venir en raison du changement climatique et de la sécheresse. Ils recommandent la création de zones coupe-feu d’environ cinq mètres autour des habitations, en privilégiant les arbres à feuilles caduques et en évitant les conifères. Ils ont également mis au point un guide pratique (en norvégien) pour aider les habitants à se protéger contre les incendies de forêt, en collaboration avec la Direction de la sécurité et de la préparation communautaires (DSB).
Andreas Bøe, également chercheur à RISE Fire Research, insiste sur l’importance de la coopération entre voisins et de la mise en place de mesures collectives pour prévenir les incendies. Il souligne que les incendies se comportent de manière similaire partout dans le monde, mais que les stratégies de prévention doivent être adaptées aux spécificités locales.
Environ 38 % de la superficie de la Norvège est couverte de forêts, ce qui rend la prévention des incendies de forêt particulièrement importante. Les experts appellent à une prise de conscience accrue et à une meilleure préparation face à cette menace croissante.