Publié le 21 février 2026 à 4h46. Alors que les négociations pour un cessez-le-feu en Ukraine peinent à aboutir, un texte publié à Moscou révèle une escalade potentielle de la rhétorique russe, allant jusqu’à évoquer le recours à l’arme nucléaire.
- Un conseiller du Kremlin a publié un manifeste agressif appelant à des frappes contre des cibles européennes.
- Le texte menace d’un recours limité à l’arme nucléaire si les conditions russes ne sont pas respectées.
- Cette publication intervient alors que les discussions à Genève restent infructueuses, la partie ukrainienne exprimant son désenchantement.
Au cœur des pourparlers visant à mettre fin au conflit en Ukraine, un signal inquiétant émane de Moscou. Vladimir Medinsky, le négociateur russe, a certes qualifié les discussions de « difficiles mais objectives », laissant entrevoir une volonté de trouver une solution. Cependant, cette impression est ternie par la publication d’un manifeste politique alarmant, issu de cercles proches du Kremlin.
Sergueï Karaganov, conseiller du Kremlin et président honoraire du Conseil russe pour la politique étrangère et de défense, est l’auteur de ce texte virulent. Publié dans le magazine La Russie dans la politique mondiale, il s’adresse aux « élites occidentales » et met en avant la possibilité d’un « recours limité aux armes nucléaires » comme ultime recours pour la Russie, une option déjà évoquée par les États-Unis, selon le magazine allemand Spiegel.
Karaganov affirme que la Russie est prête à affronter le « scénario le plus difficile » si le conflit ne se résout pas selon ses termes. Il dénonce l’ignorance des « propositions de paix russes » et appelle à des « frappes contre les centres des élites au cœur de l’Europe ».
Dans son manifeste, Karaganov décrit le conflit comme un « jeu intermédiaire » et accuse l’Europe de chercher à se venger de sa défaite lors de la Seconde Guerre mondiale. Il estime que la Russie doit recourir à la dissuasion nucléaire pour éviter une escalade.
Karaganov anticipe que l’Europe utilisera « les restes de l’armée ukrainienne et des mercenaires » pour poursuivre l’agression. Il accuse « l’élite européenne » de feindre la crainte du Kremlin, alors que la puissance militaire des États de l’Union européenne est en réalité renforcée par l’armement.
Dans ce contexte, les anciennes tactiques russes de dissuasion ne seraient plus suffisantes. Karaganov détaille les réponses possibles de la Russie à une escalade, en commençant par des frappes ciblées contre les pays européens « participant à la guerre contre la Russie ». Ces cibles pourraient inclure des infrastructures critiques et des centres de commandement militaire.
Karaganov cite en particulier la France et le Royaume-Uni, dans le but de semer la « désillusion ». Si ces mesures s’avéraient insuffisantes, un « recours limité aux armes nucléaires » serait également envisageable. Il remet même en question le statut nucléaire de ces pays : « Il faut se demander si la France et le Royaume-Uni ne devraient pas être privés de l’accès aux armes nucléaires. En lançant la guerre contre la Russie, ils ont perdu le droit moral et politique de les posséder. » (Sources : Deutschlandfunk, Spiegel)