Home Accueil Un couple américain va acheter un village abandonné en Espagne avec une église, une école et un bar pour 310 000 € – The Irish Times

Un couple américain va acheter un village abandonné en Espagne avec une église, une école et un bar pour 310 000 € – The Irish Times

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Publié le 11 février 2026 06:01:00. Face à l’exode rural en Europe, des villages entiers, parfois pour moins d’un million d’euros, sont mis en vente et attirent de plus en plus d’acheteurs étrangers, séduits par l’authenticité et le potentiel de développement touristique ou même de retraites d’entreprise.

  • Des villages abandonnés en Espagne, au Portugal et en Italie sont proposés à la vente, certains pour des sommes modestes.
  • L’intérêt pour ces propriétés est en hausse, notamment auprès d’entrepreneurs et d’investisseurs américains.
  • Ces villages sont de plus en plus envisagés comme des lieux de retraites d’entreprise, offrant une alternative aux séminaires traditionnels.

Jason Lee Beckwith et sa femme cherchaient une nouvelle propriété d’accueil après avoir vendu leur chambre d’hôtes dans le comté de San Diego. Leur quête les a menés de la montagne de Palomar à Joshua Tree, puis en Europe, jusqu’à ce qu’un article sur un village abandonné en Espagne retienne l’attention de M. Beckwith. Il décrit ce moment comme un tournant dans sa vie.

En 2024, il a versé un premier acompte sur cette propriété : Salto de Castro, un village situé près de la frontière portugaise. L’acquisition lui coûtera 310 000 €. Construit en 1946 pour les ouvriers d’une entreprise énergétique, le village est aujourd’hui en ruines, ne laissant que des décombres et des murs, selon l’entrepreneur californien. Il estime que la rénovation nécessitera un investissement de 7 millions d’euros.

Ce phénomène de villages fantômes à vendre n’est pas isolé. Partout en Europe, des milliers de bourgs pittoresques se vident de leurs habitants, attirés par les opportunités d’emploi dans les grandes villes. En Espagne, au Portugal et en Italie, cette « désertification » rurale est devenue un problème politique majeur. Des villages entiers sont proposés à la vente, parfois pour moins d’un million d’euros.

L’achat peut se faire de différentes manières : par une seule entité ou un propriétaire familial, ou bien par acquisition progressive de chaque propriété, ce qui implique parfois de retrouver des héritiers éloignés. Des acheteurs fortunés et des entrepreneurs touristiques ont déjà transformé certains de ces villages en lieux d’escapade isolés, et au moins quelques-uns sont devenus des destinations prisées pour les retraites d’entreprise.

Elvira Fafian, fondatrice du site Aldeas Abandonadas (aldeasabandonadas.com), spécialisé dans la vente de biens immobiliers insolites en Espagne, constate une augmentation constante du nombre d’acheteurs étrangers intéressés par « des hameaux, des villages et des complexes ruraux ». Elle précise que 70 % de ces ventes sont destinées à un usage commercial et touristique.

Timur Negru, de la société AffordiHome, confirme cette tendance, notant une hausse de l’intérêt des Américains pour l’acquisition de villages ces derniers mois. Il attribue cet engouement à plusieurs facteurs : l’amélioration de l’accès à Internet dans les zones reculées grâce à des technologies comme Starlink, le désir de s’éloigner des destinations touristiques surpeuplées comme Florence ou Barcelone, et le coût élevé de l’immobilier aux États-Unis qui pousse les acheteurs à élargir leurs horizons.

En 2021, Johannes Hoyos, un entrepreneur allemand, a remarqué que de nombreux villages de ce type étaient disponibles à la location. Avec son frère, il a eu l’idée de créer une entreprise, Campfire, qui organise des retraites de village pour les équipes d’entreprises telles que Dell, Google et Netflix, principalement dans le sud de l’Europe. Selon lui, ces villages offrent un environnement authentique, une alternative aux lieux de séminaire standardisés et impersonnels.

« Le travail à distance effectué pendant un mois est devenu la norme. Les équipes veulent des hors-sites trimestriels qui ne soient pas des hôtels génériques. »

Timur Negru, AffordiHome

Matteo Cerri, dont la société ITS Italy rénove une douzaine de villages pour en faire des lieux de retraite d’entreprise et d’autres projets touristiques, confirme ce regain d’intérêt. Il souligne que ces lieux facilitent les connexions et le réseautage.

Cependant, l’idée d’acquérir un village entier suscite également des critiques, certains craignant une « Disneyfication » de l’Europe rurale. Giancarlo Dall’Ara, un professeur italien de marketing, avait déjà développé dans les années 1980 un modèle pour prévenir un développement excessif dans les zones rurales dépeuplées. Il explique que le succès de ces villages en tant que lieux de retraite d’entreprise s’explique par leur capacité à offrir un environnement authentique, loin des lieux standardisés et anonymes.

M. Negru estime que les critiques à l’égard des entrepreneurs qui achètent des villages sont infondées. Selon un article du New York Times, il souligne que ces villages sont abandonnés depuis longtemps et que les investissements étrangers peuvent leur donner une seconde vie, créant ainsi des emplois pour les populations locales.

Nuno Constantino, un entrepreneur portugais, met en garde contre les coûts de rénovation, qui peuvent s’avérer considérables. Son entreprise, Wotels, gère un village rénové dans le sud du Portugal, Aldeia da Pedralva, dont l’achat et la rénovation ont coûté environ 5 millions d’euros. La propriété comprend un restaurant, un café, 38 chambres d’hôtes et un espace de réception. La location de l’ensemble coûte plus de 7 000 € par jour en été, un prix inférieur à celui de nombreux hôtels de conférence urbains.

Mais l’attrait de ces villages ne se limite pas à leur coût. M. Hoyos associe leur popularité croissante à l’épidémie de solitude qui touche les pays développés. Il évoque l’idée du « village » comme un concept ancien d’une petite communauté soudée, ancrée dans la nature, où chacun connaît son voisin.

L’avenir de ces villages abandonnés, qu’ils deviennent le prochain lieu de retraite d’entreprise ou une simple curiosité immobilière, dépendra de la capacité des entreprises à considérer la déconnexion comme une nécessité ou une simple indulgence. Mais certains sont optimistes : ces villages, autrefois abandonnés en raison de leur incapacité à répondre aux exigences économiques de la vie moderne, pourraient retrouver leur valeur précisément en offrant une évasion.

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