Madrid, le 10 février 2026. Une nouvelle étude clinique, menée dans plusieurs hôpitaux espagnols, évalue un collyre expérimental développé par la société catalane Peptides BCN, qui pourrait freiner la progression de la rétinopathie diabétique sans recourir à des traitements invasifs.
- L’essai clinique RETISOM teste un collyre neuroprotecteur sur des patients atteints de rétinopathie diabétique modérée à sévère.
- Cette approche innovante vise à agir en amont des lésions vasculaires, en ciblant la neurodégénérescence rétinienne.
- Les premiers résultats prometteurs s’appuient sur les données du projet européen EUROCONDOR, qui a montré un ralentissement de la progression de la maladie chez 300 patients.
La rétinopathie diabétique, une complication fréquente du diabète, est l’une des principales causes de perte de vision chez les adultes en âge de travailler. En Espagne, elle touche environ 15 % des personnes diabétiques de type 2 et évolue souvent de manière silencieuse dans ses premiers stades. Les traitements actuels, tels que les injections intravitréennes d’anti-VEGF (Lucentis, Eylea, Vabysmo, Avastin) ou la photocoagulation au laser, sont efficaces mais peuvent être invasifs et présenter des effets secondaires.
L’essai RETISOM, dont le code d’enregistrement est 2023-505791-30-01 (essai clinique européen et enregistrement espagnol), se distingue par son approche préventive. Il repose sur l’administration de BCN070660, un collyre contenant 0,1 % de somatostatine, une substance naturellement produite par la rétine et dont les niveaux diminuent chez les patients diabétiques. Cette diminution est associée à une inflammation, à la mort des neurones rétiniens et à une détérioration de la barrière vasculaire.
Les chercheurs de l’Hôpital Universitaire Bellvitge, de l’Institut de Recherche Vall D’Hebron (VHIR), de l’Hôpital de la Santa Creu i Sant Pau, de la Clinique Hospitalière, de l’Institut Catalá de Retina (ICR) et de l’Institut de Microchirurgie Oculaire Deux (IMO) à Barcelone, ainsi que de l’Institut d’Ophtalmologie Fernández Vega (IOFV) à Oviedo, de la Clinique Baviera et d’Inverlasik Mad II à Madrid, et de l’Institut universitaire d’ophtalmobiologie appliquée à Valladolid, recrutent des patients atteints de rétinopathie diabétique modérée à sévère sans œdème maculaire associé. L’étude est randomisée, en double aveugle et contrôlée par placebo. Chaque participant sera suivi pendant 24 mois et recevra le collyre ou un placebo deux fois par jour.
L’évolution de la maladie sera surveillée à l’aide de techniques d’imagerie avancées telles que l’OCT (tomographie par cohérence optique), l’angiographie à la fluorescéine et l’électrorétinographie multifocale, afin d’évaluer l’évolution du nombre de microanévrismes, la fonction neuronale rétinienne et l’apparition de complications comme l’œdème maculaire ou la néovascularisation.
Selon le Registre espagnol des essais cliniques (REEC) et l’enregistrement auprès de l’Agence européenne des médicaments (EMA), les derniers patients devraient terminer le suivi entre 2025 et 2026. Les résultats de l’étude pourraient être présentés à la fin de 2026 ou au début de 2027, et serviront à préparer la documentation réglementaire à soumettre à l’EMA et à l’Agence espagnole des médicaments et des produits de santé (AEMPS).
Si les résultats de RETISOM confirment ceux observés dans le cadre du projet EUROCONDOR, ce collyre pourrait ouvrir la voie à une nouvelle stratégie de prévention active de la rétinopathie diabétique, réduisant ainsi le nombre de cas graves et le fardeau des soins de santé liés aux traitements invasifs.
Sources : REEC – Registre espagnol des études cliniques ; Essais cliniques dans l’Union européenne – EMA ; Projet EUROCONDOR pour la rétinopathie diabétique | Association Macula Rétine