Publié le 14 février 2024 19h42. Le géant allemand des chariots élévateurs, Jungheinrich, annonce la fermeture d’une usine en Allemagne et la suppression de 500 emplois, malgré des résultats financiers solides, dans un contexte de pression concurrentielle accrue.
- Jungheinrich fermera son site de production de Lüneburg d’ici fin mars 2027, entraînant la perte de 160 postes.
- Au total, environ 1 000 suppressions d’emplois sont prévues à l’échelle mondiale, dont la moitié en Allemagne, affectant également les sites de Norderstedt et le siège de Hambourg.
- Un accord a été trouvé avec le syndicat IG Metall pour un plan social incluant des indemnités de départ et un accompagnement vers de nouvelles opportunités.
L’annonce de ces suppressions d’emplois intervient après des mois de négociations et alors que l’entreprise, leader mondial sur son marché, affiche des résultats positifs. La production de Lüneburg devrait cesser complètement avant la fin du premier trimestre 2027. Sur les 285 employés du site, 160 verront leur poste supprimé, tandis que les 125 autres, affectés aux services de conception et d’administration, seront maintenus.
Selon un porte-parole de l’entreprise, ces mesures s’inscrivent dans un plan de restructuration plus large visant à réduire les coûts et à s’adapter à l’évolution du marché. « Environ 1 000 postes seront supprimés dans le monde entier, dont environ la moitié en Allemagne », a-t-il précisé à Bild. Les sites de Lüneburg (Basse-Saxe) et de Norderstedt (Schleswig-Holstein) sont particulièrement touchés, avec des suppressions d’emplois à deux chiffres dans chacun d’eux. Des postes seront également supprimés au siège de Hambourg et au sein du réseau de distribution.
Les autres 500 suppressions d’emplois concernent les 41 filiales étrangères du groupe.
Un accord a été conclu avec le syndicat IG Metall pour les employés de Lüneburg, prévoyant un plan social comprenant des indemnités de départ et un accompagnement vers la recherche d’un nouvel emploi via une société de transition. Jungheinrich qualifie cet accord de « solution socialement acceptable » et le considère comme une étape importante dans son programme de transformation.
Bien que saluant cet accord, IG Metall critique la décision de fermer l’usine de Lüneburg, qu’elle juge injustifiée.
« Nous ne sommes pas face à un cas de redressement chez Jungheinrich à Lüneburg, mais à la suppression d’une production rentable. »
Lennard Aldag, IG Metall Celle-Lüneburg
En 2024, Jungheinrich AG a réalisé un bénéfice de 289 millions d’euros pour un chiffre d’affaires d’environ 5,4 milliards d’euros. L’entreprise ambitionne de porter son chiffre d’affaires à 10 milliards d’euros d’ici 2030.
Les employés de la production de Lüneburg étaient en grève illimitée depuis le 20 novembre, perturbant régulièrement la production pendant plus de 80 jours.
Cette décision s’inscrit dans un contexte de concurrence accrue, notamment de la part des fabricants chinois, dont les produits, bien que techniquement moins avancés, sont nettement moins chers. Les chariots élévateurs asiatiques sont proposés à environ la moitié du prix des modèles Jungheinrich dans le segment de milieu de gamme. L’entreprise allemande a également conclu un partenariat avec un concurrent : depuis l’automne dernier, elle distribue en Europe, via une coentreprise avec EP, les véhicules du troisième plus grand fabricant chinois.