Publié le 23 février 2026. Alors que les tensions avec les États-Unis s’intensifient, l’Iran prépare sa défense et confie son avenir à Ali Larijani, un haut responsable de la sécurité nationale, qui prend de plus en plus de pouvoir au détriment du président en exercice.
Début janvier, face à une vague de protestations et sous la menace d’une intervention militaire américaine, l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de l’Iran, a désigné Ali Larijani pour assurer la pérennité du régime. Depuis lors, Larijani, 67 ans, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, est devenu le véritable homme fort du pays.
Selon plusieurs sources, dont six responsables iraniens ayant requis l’anonymat, Larijani supervise désormais la gestion politique du pays, réprime les manifestations, gère les relations avec des alliés clés comme la Russie, le Qatar et Oman, et supervise même les négociations nucléaires avec Washington. Il a notamment rencontré le président russe Vladimir Poutine à Moscou en juillet 2025 et s’est rendu à Bagdad et Beyrouth pour des discussions régionales.
Cette ascension de Larijani a relégué au second plan le président Massoud Pezeshkian, un chirurgien cardiaque devenu homme politique, qui a connu une année de mandat difficile. Le président Pezeshkian a publiquement déclaré
« Je suis médecin, pas un homme politique »
Massoud Pezeshkian, président de l’Iran
et a admis qu’il ne pouvait à lui seul résoudre les nombreux problèmes auxquels l’Iran est confronté.
L’Iran anticipe une attaque militaire américaine considérée comme inévitable et imminente, tout en maintenant un dialogue diplomatique et des négociations sur l’accord nucléaire. Toutes les forces armées iraniennes sont en état d’alerte maximale et se préparent à une résistance farouche. Des lanceurs de missiles balistiques sont déployés le long de la frontière avec l’Irak, permettant de cibler Israël, et dans le golfe Persique, à portée des bases militaires américaines.
En cas de conflit, des unités spéciales de la police, des agents des renseignements et des milices Basij, affiliées aux Gardiens de la révolution, seront déployées dans les principales villes pour prévenir les troubles et identifier les agents étrangers. Parallèlement, les dirigeants iraniens planifient leur propre survie politique, en envisageant qui gouvernerait le pays si l’ayatollah Khamenei et son entourage étaient neutralisés.
Selon trois responsables iraniens, Ali Larijani figure en tête de liste pour assurer la succession, suivi de Mohammad Bagher Ghalibaf, le président du Parlement, nommé par Khamenei pour commander les forces armées en cas de guerre. L’ancien président Hassan Rohani, auparavant marginalisé, a également été mentionné.
Ali Vaez, directeur iranien de l’International Crisis Group, estime que le régime iranien a élaboré des plans d’urgence, mais que les conséquences d’une guerre avec les États-Unis restent imprévisibles. Il souligne que
« Le guide suprême est moins visible, plus vulnérable, mais il reste le ciment qui maintient l’édifice et tout le monde comprend que s’il n’est plus là, il sera difficile qu’il ne s’effondre pas. »
Ali Vaez, International Crisis Group
Ces dernières semaines, Larijani a multiplié les apparitions publiques, se rendant à Moscou pour rencontrer le président Poutine et s’entretenant avec des dirigeants du Moyen-Orient et des négociateurs américains. Il a également accordé des interviews à la télévision et utilise activement les réseaux sociaux pour afficher son dynamisme.