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Un groupe italien a choisi l’Argentine pour centraliser ses opérations régionales

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Publié le 16 février 2026 à 19h10. Le constructeur italien de machines agricoles SDF (Deutz-Fahr) mise sur l’Argentine comme un marché clé pour son expansion en Amérique latine, profitant d’une nouvelle stabilité économique et d’une ouverture commerciale qui contrastent avec les difficultés rencontrées au Brésil.

  • SDF considère l’Argentine comme une région stratégique pour la mécanisation agricole, offrant les plus grandes opportunités de croissance en Amérique latine.
  • L’entreprise prévoit de passer de 200 à plus de 1 000 unités vendues annuellement à court terme, sans pour l’instant investir dans une usine de production locale.
  • Un accord avec la société financière ITF permettra de faciliter l’accès au crédit pour les agriculteurs argentins.

L’industrie mondiale des machines agricoles observe avec intérêt l’Argentine, perçue comme un terrain d’expérimentation pour la déréglementation. Après une période d’activité fluctuante, le groupe SDF a décidé de centraliser sa stratégie régionale dans le pays. Lodovico Bussolati, PDG mondial de l’entreprise, s’est rendu à Buenos Aires pour diriger une réunion des concessionnaires latino-américains et valider ce nouveau cap : une transition d’une stratégie de survie à un plan d’expansion ambitieux.

« Nous considérons le pays comme une région stratégique pour la mécanisation agricole. En Amérique latine, c’est aujourd’hui le pays qui offre les plus grandes opportunités de croissance », a déclaré Lodovico Bussolati lors d’un entretien avec LA NATION. Pour le dirigeant, dont l’entreprise possède des usines en Allemagne, en Italie, en Turquie, en Inde et en Chine, le potentiel agricole argentin est un facteur déterminant, mais la prévisibilité économique l’est tout autant.

« Le pays retrouve une stabilité économique et une ouverture de marché qui permettent aux entreprises qui se sont préparées avec des offres de produits de se projeter sur le long terme. C’est une vision de relancer le pays dans son ensemble », a-t-il ajouté.

Le retour de la marque, facilité par l’importateur local Walter Berger, intervient dans un contexte où la suppression des restrictions à l’importation a créé des conditions de concurrence plus équitables avec les fabricants nationaux. Lodovico Bussolati a souligné que l’absence d’une usine de production en Argentine ne constituait pas un obstacle majeur à court terme.

« Notre stratégie pour réussir sans production locale repose sur la compétitivité de nos produits. Nous disposons aujourd’hui d’une gamme qui rivalise avec les géants mondiaux, non seulement en termes de coût, mais aussi en termes de performances sur le terrain », a-t-il expliqué. SDF entend se concentrer sur le segment de puissance de 50 à 300 chevaux (environ 37 à 220 kilowatts), en s’appuyant sur ses centres de production internationaux.

Le PDG n’a toutefois pas exclu la possibilité d’une intégration physique plus importante à l’avenir, si les conditions le permettent : « Notre mission est de satisfaire le client final. Si cela nécessite de renforcer notre présence opérationnelle ou industrielle, nous le ferons. »

« Nous voyons une Argentine enfin ouverte sur le monde. Vous avez la possibilité de retrouver votre notoriété. »

Lodovico Bussolati, PDG de SDF

L’orientation stratégique de SDF en Amérique du Sud met en évidence un contraste marqué entre les deux principaux partenaires du Mercosur. Si l’Argentine suscite des attentes positives, les dirigeants de l’entreprise observent des « signaux d’alerte » sur le marché brésilien.

Paolo Rivolo, directeur de la région internationale de SDF, a précisé : « Au Brésil, le marché des tracteurs est passé d’environ 65 000 unités à environ 44 000 unités. Le secteur agricole y est soumis à des restrictions et à des contrôles plus importants. » Il estime que le marché argentin a le potentiel de doubler dans le cadre des politiques d’ouverture actuelles.

Alessandro Maritano, directeur commercial du groupe, a quant à lui souligné l’avantage du modèle argentin : « Le Brésil reste un marché très fermé où, si l’on ne produit pas localement, on n’a pas accès au crédit officiel. L’Argentine ouvre la porte aux règles du libre marché, et c’est ce qui nous intéresse. »

Le succès de SDF dépendra également de la disponibilité de financements. En l’absence de structure bancaire propre dans le pays, l’entreprise a conclu un accord avec la société internationale ITF pour faciliter l’accès à des lignes de crédit destinées aux agriculteurs, qui souhaitent renouveler un parc matériel jugé « vieilli par des années de stocks ».

L’objectif affiché est ambitieux : passer de 200 unités vendues en 2025 à plus de 1 000 unités par an à court terme. Ignacio Barrenese, directeur commercial pour l’Amérique latine, a souligné que l’attachement émotionnel des agriculteurs argentins à la marque faciliterait ce processus : « Sur le plan opérationnel, nous revenons maintenant, mais sur le plan émotionnel, la marque n’a jamais quitté le cœur des agriculteurs. »

Lodovico Bussolati a conclu sa visite en évoquant un principe fondamental de l’entreprise, mais qui prend une résonance particulière dans le contexte actuel : l’investissement suit la stabilité. Pour celui qui dirige l’un des groupes de machines agricoles les plus importants au monde, le « risque Argentine » a changé de nature.

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