Publié le 2024-02-29 10:00:00. Un incident impliquant un individu se disant « rat-thérian » à Bogotá a mis en lumière un phénomène d’identification à l’animal qui dépasse le cadre des réseaux sociaux et soulève des questions de sécurité et de justice.
- Un homme s’identifiant comme un « rat-thérian » a été appréhendé après avoir été accusé d’avoir volé un téléphone portable dans le quartier de Costa Azul à Bogotá.
- L’affaire a suscité une vive réaction sur les réseaux sociaux, oscillant entre moqueries et critiques envers l’insécurité et le système judiciaire.
- Cet incident intervient après des signalements de personnes se comportant comme des animaux en public, notamment près de la cinémathèque de Bogotá.
Ce qui avait débuté comme une tendance identitaire numérique, observée dans des pays comme l’Allemagne, l’Argentine et le Mexique, prend une tournure préoccupante en Colombie. Le phénomène des « thériens » – des personnes qui s’identifient subjectivement comme des animaux – est passé des vidéos virales aux faits divers, avec des conséquences potentiellement dangereuses.
L’incident de Costa Azul a impliqué un homme que les témoins et les autorités ont identifié comme un « rat-thérian », soupçonné d’avoir dérobé le téléphone portable d’une jeune femme. Selon les premières informations, il n’agissait pas seul, mais son complice a réussi à prendre la fuite. L’homme a finalement été interpellé par un groupe de cinq personnes, mais l’arrestation a dégénéré en agression physique de la part de passants.
Cet acte de justice populaire met en évidence un problème récurrent dans la capitale colombienne : la méfiance des citoyens envers les institutions et leur tendance à prendre la justice en main. La capture du « rat-thérian » a rapidement fait le tour des réseaux sociaux, où l’affaire a été largement commentée et moquée. Des messages tels que : « Hahahahahaha ‘rat therian’. C’est une bonne réponse. Et la prochaine fois, que les visages des bons citoyens qui donnent leur recalibrage cognitif à ces ‘rats therian’ ne restent PAS dans l’enregistrement » ou simplement « C’est rat. » ont circulé en ligne.
Au-delà de l’ironie, certains internautes ont critiqué l’insécurité ambiante : « Il n’y a pas de politiciens, il n’y a pas de police, il n’y a pas de maire, il n’y a rien, seulement un réseau de politiciens menteurs et de voleurs, des institutions qui extorquent les gens. » D’autres ont mis en garde contre le risque de stigmatiser l’ensemble de la communauté « therian » en raison des actes d’un individu qui pourrait instrumentaliser cette identité pour justifier ses crimes.
Cet événement survient après qu’une première « observation » massive de thériens ait été signalée à Bogotá. Une vidéo filmée près de la cinémathèque de la ville montrait trois personnes se déplaçant à quatre pattes et imitant les gestes d’animaux. Les réactions avaient alors été variées, allant de l’inquiétude concernant d’éventuels troubles émotionnels ou attentionnels au rejet pur et simple, certains qualifiant la scène de « clownesque » ou de « bouffonnerie ».
Des commentaires tels que « Comme c’est fou » et « Nous sommes mauvais » témoignent de la polarisation face à un comportement qui, jusqu’à récemment, restait invisible dans l’espace urbain colombien et qui suscite désormais un débat entre liberté d’expression et délinquance.
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