Publié le 2025-10-23 10:40:00. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a renforcé son système de partage d’échantillons biologiques avec l’ajout d’un isolat de coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV). Cette initiative vise à accélérer la recherche et la préparation mondiale face aux menaces infectieuses émergentes.
- L’ajout du MERS-CoV au système BioHub de l’OMS facilite l’accès des chercheurs à un pathogène clé pour la préparation aux pandémies.
- Le BioHub permet un partage volontaire et sécurisé de matériel biologique à potentiel épidémique ou pandémique entre les pays membres.
- Cette plateforme soutient la caractérisation des agents pathogènes, la surveillance, l’évaluation des risques et le développement futur de contre-mesures médicales.
Le MERS-CoV, un virus zoonotique transmis principalement par les dromadaires à l’homme, peut causer une maladie respiratoire sévère, avec un taux de mortalité de 37 % parmi les cas signalés. Actuellement, il n’existe ni vaccin ni traitement approuvé pour cette infection.
« Depuis son identification, les épidémies causées par le MERS-CoV ont été sporadiques. De tels isolats de MERS-CoV ont été difficiles à obtenir, il est donc d’autant plus important que le système BioHub de l’OMS fournisse aux chercheurs un accès à cet isolat de virus », a déclaré le Dr Maria Van Kerkhove, directrice par intérim du département de gestion des épidémies et des pandémies de l’OMS. « En soutenant le partage opportun et transparent de matériel biologique comme l’isolat de MERS-CoV, le BioHub de l’OMS soutient la recherche qui aide le monde à se préparer aux épidémies et, potentiellement, aux pandémies. »
La particularité de cet isolat réside dans son appartenance au clade C, largement présent chez les dromadaires africains, contrairement aux recherches antérieures qui se concentraient principalement sur le clade A, considéré comme éteint depuis 2015. Cet accès à un isolat du clade C ouvre de nouvelles perspectives pour la compréhension et la lutte contre le virus.
Face à l’urgence soulignée par les crises sanitaires récentes, la nécessité d’un partage plus rapide, équitable et fiable des agents pathogènes est primordiale pour coordonner les réponses à l’échelle mondiale. Dans un monde de plus en plus interconnecté, où de nouvelles menaces sanitaires émergent constamment, l’accès rapide au matériel biologique est une pierre angulaire de la science et de la santé publique.
Le système BioHub de l’OMS, établi par le Directeur général de l’OMS pendant la pandémie de COVID-19, s’est développé de manière significative. Il compte aujourd’hui 76 laboratoires répartis dans 30 pays. Cette plateforme fonctionnelle et évolutive simplifie les démarches administratives grâce à des accords et procédures standardisés, garantissant un échange rapide tout en préservant la biosécurité et en promouvant la recherche et l’équité. Le BioHub a déjà joué un rôle crucial dans la réponse aux événements sanitaires majeurs, notamment en facilitant le partage d’isolats de variants du SRAS-CoV-2 lors de la pandémie de COVID-19 et de matériel mpox durant l’épidémie de 2023-2024, permettant ainsi la validation de diagnostics et la recherche fondamentale dans de nombreux laboratoires mondiaux.
En accord avec ses principes fondateurs, le BioHub encourage la collaboration scientifique et noue des partenariats équitables entre les fournisseurs et les demandeurs de matériel biologique à potentiel épidémique ou pandémique. Cette approche favorise l’inclusion des contributeurs dans des projets et publications scientifiques communes, renforçant la reconnaissance, la transparence, l’équité et la coopération.
La collection du BioHub s’enrichit ainsi continuellement et comprend désormais 33 variantes du SRAS-CoV-2, des clades mpox Ia, Ib, IIb, le virus Oropouche, et maintenant le MERS-CoV. Ces ajouts témoignent de la capacité du système à s’adapter et à soutenir la préparation face à une gamme croissante d’agents pathogènes, connus et émergents.
Actuellement, le laboratoire de Spiez, en Suisse, sert de centre BioHub principal de l’OMS pour le stockage, la caractérisation et la distribution du matériel. L’organisation prévoit d’étendre son réseau en établissant des installations BioHub dans chaque région de l’OMS, afin de garantir un accès équitable et une capacité de réponse rapide aux futures menaces sanitaires pour toutes les régions.
Cette expansion future s’appuiera sur les fondations solides du BioHub, visant à faire progresser la collaboration scientifique régionale, à renforcer les capacités en matière de biosûreté et de biosécurité, et à améliorer la sécurité sanitaire mondiale.