Publié le 17 février 2026 16:47:00. Une étude internationale révèle qu’un médicament destiné à stopper rapidement les hémorragies cérébrales après un accident vasculaire cérébral (AVC) hémorragique n’améliore pas significativement le rétablissement à long terme des patients, malgré son effet sur la réduction des saignements.
- Un essai clinique mené dans six pays auprès de plus de 600 patients n’a pas démontré d’amélioration fonctionnelle grâce à l’administration de facteur VIIa recombinant.
- Le médicament a cependant ralenti la croissance des hémorragies intracérébrales et intraventriculaires, mais présente des risques thromboemboliques.
- Les chercheurs suggèrent que le traitement pourrait bénéficier à un sous-groupe de patients présentant des saignements particulièrement rapides et abondants.
Les accidents vasculaires cérébraux hémorragiques, causés par la rupture d’un vaisseau sanguin dans le cerveau, constituent une urgence médicale majeure. L’essai clinique, publié dans la revue The Lancet, visait à évaluer l’efficacité du facteur VIIa recombinant, une substance favorisant la coagulation sanguine, pour améliorer les chances de récupération des patients victimes d’une hémorragie intracérébrale spontanée (HIC).
L’étude, conduite dans 93 hôpitaux à travers six pays, a réparti aléatoirement plus de 600 patients en deux groupes : un groupe recevant du facteur VIIa recombinant dans les deux heures suivant l’apparition des symptômes, et un groupe recevant un placebo. Cette fenêtre temporelle initiale est cruciale dans la recherche sur les HIC, car plus le traitement est administré rapidement, plus il est susceptible d’être efficace.
Les résultats ont montré que le facteur VIIa recombinant réduisait significativement la croissance des hémorragies, mais n’avait aucun impact sur l’état fonctionnel des patients à 180 jours, mesuré à l’aide de l’échelle de Rankin modifiée, un outil standard pour évaluer l’invalidité liée à un AVC.
« Nous avons réussi à réduire les saignements, mais cela n’a pas suffi à améliorer les résultats à long terme des patients »,
Andrew M. Naidech, MD, MSPH, professeur au département de neurologie Ken & Ruth Davee, division de soins neurocritiques.
Le traitement n’était pas sans risque. Quinze patients du groupe ayant reçu le facteur VIIa recombinant ont présenté des événements thromboemboliques potentiellement mortels, contre seulement quatre dans le groupe placebo.
« Tout médicament qui améliore la coagulation comporte un risque thrombotique. Ce que nous devons encore déterminer, c’est s’il existe un sous-groupe dans lequel le risque de saignement est si élevé que le bénéfice potentiel l’emporte sur le danger. »
Andrew M. Naidech, MD, MSPH, professeur au département de neurologie Ken & Ruth Davee, division de soins neurocritiques.
Selon les chercheurs, l’échec du médicament à améliorer le rétablissement pourrait s’expliquer par le fait que les lésions cérébrales sont souvent déjà établies au moment de l’administration du traitement, ou que la localisation de l’hémorragie est plus déterminante que sa taille. Ils soulignent également l’importance de prévenir les lésions secondaires, telles que l’œdème et l’inflammation, qui nécessitent des approches thérapeutiques complémentaires.
« Le problème ne se limite pas au volume de sang », explique le Dr Naidech. « Il s’agit de savoir où se trouve ce sang, comment le cerveau réagit et à quelle vitesse des lésions irréversibles se développent. »
L’étude a été financée par l’Institut national des troubles neurologiques et des accidents vasculaires cérébraux, l’Agence japonaise pour la recherche et le développement médical et Novo Nordisk, le fabricant du facteur VIIa recombinant.
