Home Santé Un médicament utilisé contre le cancer du poumon pourrait améliorer le traitement des tumeurs ovariennes résistantes

Un médicament utilisé contre le cancer du poumon pourrait améliorer le traitement des tumeurs ovariennes résistantes

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Publié le 14 février 2024 à 10h30. Une étude de la Mayo Clinic ouvre de nouvelles perspectives dans la lutte contre le cancer de l’ovaire, une maladie particulièrement agressive, en explorant une stratégie pour contrer la résistance aux traitements existants.

  • Le cancer de l’ovaire est l’un des cancers gynécologiques les plus mortels au monde, avec plus de 300 000 nouveaux cas et 200 000 décès annuels selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
  • Des chercheurs ont identifié une combinaison thérapeutique prometteuse associant un médicament déjà approuvé pour certains cancers du poumon, le brigatinib, aux inhibiteurs de PARP, des traitements ciblés.
  • Cette approche vise à empêcher les cellules cancéreuses de développer une résistance aux traitements, un défi majeur dans la prise en charge de cette maladie.

Le cancer de l’ovaire représente un véritable défi pour la communauté médicale. Sa détection tardive, souvent à un stade avancé, et la capacité des tumeurs à développer une résistance aux traitements contribuent à un taux de mortalité élevé. Selon les données de l’OMS et de l’observatoire mondial GLOBOCAN, plus de 300 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année dans le monde, entraînant plus de 200 000 décès.

Une équipe de la Mayo Clinic a récemment publié une étude dans la revue Science Translational Medicine qui pourrait changer la donne. Les chercheurs se sont concentrés sur la résistance thérapeutique, l’un des principaux obstacles au succès des traitements.

Ces dernières années, les inhibiteurs de PARP ont représenté une avancée significative dans le traitement de certains cancers de l’ovaire, en particulier chez les patientes présentant des altérations génétiques spécifiques. Ces médicaments agissent en exploitant une faiblesse particulière des cellules cancéreuses : leur incapacité à réparer efficacement leur ADN. Cependant, les tumeurs finissent souvent par s’adapter et développer des mécanismes de résistance, limitant l’efficacité à long terme de ces traitements.

L’étude de la Mayo Clinic explore une nouvelle voie pour contrer cette résistance. Les chercheurs ont découvert que les cellules tumorales activent rapidement des signaux internes qui les protègent dès le début du traitement par inhibiteurs de PARP. Pour bloquer ces mécanismes de défense, ils ont testé l’association du brigatinib, un médicament déjà utilisé dans le traitement de certains cancers du poumon, avec les inhibiteurs de PARP.

Le brigatinib agit en bloquant les signaux qui favorisent la croissance et la survie des cellules cancéreuses. L’hypothèse était que, en inhibant ces signaux dès le début du traitement, la tumeur serait moins capable de développer une résistance. Les résultats des expériences en laboratoire se sont avérés prometteurs : la combinaison des deux médicaments s’est montrée plus efficace que l’utilisation de chacun d’eux séparément.

« En termes simples, la stratégie vise à empêcher la tumeur d’« apprendre » à résister », expliquent les chercheurs.

Il est important de souligner que ces résultats sont issus d’études précliniques, réalisées sur des modèles de laboratoire et ne peuvent pas être directement transposés à l’homme. Des essais cliniques sont nécessaires pour évaluer la sécurité et l’efficacité de cette combinaison thérapeutique chez les patientes atteintes de cancer de l’ovaire.

Cependant, le brigatinib bénéficie déjà d’une autorisation de mise sur le marché pour d’autres indications en oncologie, ce qui pourrait faciliter et accélérer la mise en place de ces essais cliniques. Les chercheurs envisagent également d’identifier les types de tumeurs qui pourraient bénéficier le plus de cette approche, ouvrant ainsi la voie à des traitements plus personnalisés.

Le cancer de l’ovaire reste une maladie complexe, souvent diagnostiquée à un stade avancé, lorsque la tumeur s’est déjà propagée dans la cavité abdominale. La chirurgie et la chimiothérapie restent les piliers du traitement, mais les thérapies ciblées, comme les inhibiteurs de PARP, ont amélioré les perspectives au cours de la dernière décennie. La résistance aux médicaments demeure toutefois un obstacle majeur, et trouver des moyens de la contourner est essentiel pour améliorer le pronostic des patientes.

Cette nouvelle approche représente une piste de recherche prometteuse dans la lutte contre le cancer de l’ovaire, et pourrait, à terme, contribuer à améliorer la réponse au traitement et à prolonger le contrôle de la maladie.

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