Publié le 17 février 2026 à 17h23 : Une étude menée par l’Université de Tokyo révèle un lien significatif entre la résistance à l’insuline et un risque accru de développer plusieurs types de cancer, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies de dépistage précoce.
- Une analyse à grande échelle, basée sur les données de plus de 500 000 participants, démontre une corrélation entre la résistance à l’insuline et le cancer de l’utérus, du rein, de l’œsophage, du pancréas, du côlon et du sein.
- Un modèle d’intelligence artificielle développé par les chercheurs permet d’identifier les individus présentant un risque accru, potentiellement avant l’apparition des symptômes.
- La résistance à l’insuline, souvent associée au diabète de type 2 et aux maladies cardiovasculaires, pourrait ainsi devenir un facteur de risque clé dans la prévention du cancer.
Des chercheurs de l’Université de Tokyo ont mis en évidence, pour la première fois à cette échelle, un lien étroit entre la résistance à l’insuline et une augmentation du risque de développer différents types de cancer. L’étude, basée sur l’analyse des données de la UK Biobank – une vaste base de données britannique sur la santé – et validée sur d’autres cohortes, suggère que cette condition métabolique pourrait être un indicateur précoce de la maladie.
Le modèle d’IA utilisé dans cette recherche calcule le niveau de résistance à l’insuline à partir de neuf paramètres cliniques courants, obtenus lors des examens de routine. Selon Yuta Hiraike, responsable de l’étude à l’hôpital universitaire de Tokyo, ce modèle est le premier à fournir des preuves à l’échelle de la population que la résistance à l’insuline pourrait être un facteur de risque de cancer.
« Cette approche a surpassé les méthodes traditionnelles d’évaluation des risques. »
Yuta Hiraike, responsable de l’étude
L’étude a révélé une association particulièrement forte entre la résistance à l’insuline et le cancer de l’utérus, du rein, de l’œsophage, du pancréas, du côlon et du sein. De plus, un risque accru, bien que moins prononcé, a été observé pour d’autres types de cancer, notamment le cancer du poumon, où l’association persiste même après avoir pris en compte les facteurs de risque traditionnels. Les participants de la UK Biobank identifiés comme présentant une résistance à l’insuline par le modèle d’IA avaient un risque plus de sept fois plus élevé (7,31) de développer un diabète.
La résistance à l’insuline se manifeste lorsque les tissus corporels deviennent moins sensibles à l’action de l’insuline, entraînant une accumulation de glucose dans le sang. Pour compenser, le pancréas produit davantage d’insuline, ce qui peut à terme conduire à une hyperglycémie, un prédiabète et, finalement, un diabète de type 2. Cette condition est également liée à un risque accru de maladies cardiovasculaires, rénales et hépatiques. En savoir plus sur le diabète.
Bien que les mécanismes biologiques précis reliant la résistance à l’insuline au cancer restent à élucider, cette découverte ouvre des perspectives prometteuses pour le développement de stratégies de dépistage précoce et de prévention ciblées. Les chercheurs espèrent que leur modèle d’IA pourra aider à identifier les personnes à risque, permettant ainsi une intervention plus rapide et potentiellement plus efficace.