Publié le 8 février 2026. Un nouveau médicament neuroprotecteur, le lobéramisal, administré par voie intraveineuse dans les 48 heures suivant un accident vasculaire cérébral (AVC), semble améliorer significativement la récupération des patients, selon des résultats préliminaires présentés lors d’une conférence internationale.
- Près de 70 % des patients traités au lobéramisal ont présenté une excellente récupération fonctionnelle, contre environ 56 % dans le groupe placebo.
- Le traitement a été jugé sûr, sans augmentation significative des effets secondaires graves ou des décès.
- L’étude, menée en Chine, souligne l’intérêt renouvelé pour les approches neuroprotectrices dans la prise en charge des AVC.
Les résultats de cet essai clinique de phase III, présenté à la conférence internationale 2026 de l’American Stroke Association, ouvrent une nouvelle perspective dans le traitement des AVC ischémiques, la forme la plus courante de cette affection. Le lobéramisal, conçu pour protéger les cellules cérébrales, pourrait représenter une avancée majeure dans la réduction du handicap post-AVC.
Selon le Dr Shuya Li, directeur du centre d’essais cliniques de l’hôpital Tiantan de Pékin et auteur principal de l’étude :
« Les agents neuroprotecteurs peuvent contribuer à améliorer les résultats pour les patients en préservant la fonction des unités neurovasculaires. Dans cet essai, nous avons testé le lobéramisal, un agent neuroprotecteur à double action qui s’est avéré efficace dans des études sur des rongeurs. Les nouveaux traitements pour l’AVC pourraient bien provenir d’agents neuroprotecteurs multi-cibles, ce qui pourrait conduire à des progrès importants dans la réduction ou la prévention du handicap. »
L’étude a porté sur 998 adultes (âgés de 18 à 80 ans) ayant subi un AVC ischémique modéré à sévère dans 32 centres en Chine. Pendant 10 jours, les participants ont reçu soit une perfusion intraveineuse quotidienne de 40 mg de lobéramisal, soit un placebo, dans les 48 heures suivant l’apparition des symptômes. Il est important de noter que seulement 17 % des participants avaient reçu un traitement anti-caillot standard (comme l’altéplase), ce qui limite l’évaluation des effets combinés de ces deux approches. Les patients ayant subi une thrombectomie mécanique (intervention chirurgicale pour retirer le caillot) ont été exclus de l’essai.
L’évaluation de la récupération fonctionnelle, réalisée 90 jours après le début du traitement, s’est basée sur l’échelle de Rankin modifiée (mRS), où un score de 0 à 1 indique peu ou pas de handicap. Les chercheurs ont également pris en compte la gravité initiale de l’AVC, mesurée à l’aide de l’échelle NIHSS (National Institutes of Health Stroke Scale), qui évalue les déficits neurologiques.
Les nouvelles recommandations de l’American Stroke Association pour la prise en charge précoce des AVC ischémiques aigus soulignent un regain d’intérêt pour la neuroprotection, mais insistent sur la nécessité de poursuivre les recherches pour combler les lacunes actuelles dans les connaissances.
Le Dr Li souligne la nécessité de confirmer ces résultats auprès de populations plus larges et diversifiées, notamment en incluant des patients d’origines ethniques différentes, atteints d’AVC plus graves, et ayant bénéficié d’une intervention chirurgicale vasculaire. Il préconise également d’étudier les biomarqueurs pour mieux comprendre le mécanisme d’action du lobéramisal.
« Nous devons mieux comprendre le fonctionnement du lobéramisal en étudiant les biomarqueurs dans plusieurs groupes de population. »
L’essai clinique a été mené de juillet 2024 à avril 2025, en respectant un protocole randomisé, en double aveugle et contrôlé par placebo. Bien que 20 participants n’aient pas pu être suivis à 90 jours, leurs données ont été incluses dans l’analyse statistique finale.
Source: