Publié le 2025-11-08 13:04:00. Des chercheurs ont mis au point un implant neuronal d’une taille infime, capable d’enregistrer l’activité cérébrale chez des animaux vivants pendant plus d’un an, sans fil. Cette avancée marque une étape décisive en neurotechnologie et en bio-ingénierie.
- Un implant neuronal, plus petit qu’un grain de sel, a réussi à enregistrer l’activité cérébrale chez des animaux vivants pendant plus d’un an.
- Ce dispositif, baptisé MOTE (Microscale Optoelectronic Tepee), est alimenté par laser et transmet des données sans fil, ouvrant de nouvelles perspectives pour la recherche et le diagnostic neurologiques.
- L’innovation pourrait faciliter les examens par IRM et ouvrir la voie à des interfaces cerveau-machine plus efficaces.
Une miniaturisation révolutionnaire dans le domaine des implants neuronaux vient d’être annoncée par des équipes de l’Université Cornell et de l’Université technologique de Nanyang. Leur création, un implant d’une taille de seulement 300 micromètres de long sur 70 micromètres de large, démontre la faisabilité de systèmes microélectroniques fonctionnels à une échelle inédite. Ce dispositif, officiellement nommé électrode optoélectronique sans fil à microéchelle (MOTE), inaugure une nouvelle génération d’outils biocompatibles aptes à une transmission de données à long terme, sans recours à des câbles.
Le fonctionnement du MOTE repose sur l’utilisation de faisceaux laser rouges et infrarouges qui pénètrent sans danger les tissus cérébraux pour alimenter l’appareil. Une diode semi-conductrice capte cette énergie lumineuse et émet des signaux infrarouges pour transmettre les informations neurales. Grâce à un amplificateur à faible bruit et à un codeur optique intégrés, l’implant est capable de relayer des signaux électriques précis, reflétant l’activité des neurones et les schémas synaptiques plus larges. Des tests réalisés sur des souris ont révélé que le MOTE, implanté dans le cortex, a enregistré l’activité cérébrale de manière continue pendant 365 jours, sans causer de préjudice aux animaux. Cette performance atteste de la possibilité d’une surveillance cérébrale stable et prolongée, débarrassée des contraintes des fils et des équipements volumineux.
Les implications de cette percée sont considérables pour l’étude et le suivi de l’activité cérébrale, tant en milieu de recherche qu’en pratique clinique. Sa petite taille et ses propriétés matérielles pourraient permettre son utilisation lors d’examens par imagerie par résonance magnétique (IRM), un avantage majeur par rapport aux dispositifs actuels souvent incompatibles avec cette technique. Au-delà des neurosciences, des conceptions similaires pourraient être adaptées pour la surveillance de la moelle épinière ou intégrées dans des prothèses crâniennes. Pour les professionnels de santé, cette technologie pourrait à terme rendre les interfaces cerveau-machine plus sûres et plus performantes, améliorant ainsi le diagnostic et la prise en charge des pathologies neurologiques.
Référence :
Lee S et coll. Un microsystème optoélectronique sans fil subnanolitre pour l’enregistrement neuronal chronique chez des souris éveillées. Nat Electron. 2025;DOI : 10.1038/s41928-025-01484-1.