Une psychologue licenciée après avoir dénoncé des conditions de travail dangereuses et du harcèlement au sein d’une prison californienne a obtenu gain de cause. Un jury lui a accordé près de 17 millions de dollars (environ 15,7 millions d’euros) en dommages et intérêts, reconnaissant ainsi les représailles et la discrimination qu’elle a subies.
Beth Fischgrund, qui exerçait en tant que psychologue clinicienne à la prison d’État de Salinas Valley, dans le comté de Monterey, avait intenté un procès contre le département californien des services correctionnels et de la réadaptation (CDCR). Elle alléguait avoir été ignorée lorsqu’elle a fait part de ses inquiétudes quant à des menaces de violence proférées par un détenu, avant d’être licenciée pour avoir osé s’exprimer.
Selon les accusations portées dans le cadre de la procédure judiciaire, après son licenciement, les responsables de l’établissement auraient cherché à la mettre au ban de l’industrie carcérale, l’empêchant de retrouver un emploi dans d’autres prisons d’État et propageant de fausses informations sur sa conduite professionnelle.
La décision du jury, rendue la semaine dernière dans le comté de Sacramento, a alloué un montant de près de 14 millions de dollars (environ 13 millions d’euros) pour les dommages subis et 3 millions de dollars (environ 2,8 millions d’euros) pour diffamation.
Un porte-parole du CDCR a indiqué refuser de commenter le verdict.
Dans une déclaration, Lawrance Bohm, l’un des avocats de Mme Fischgrund, a qualifié cette issue de « victoire complète et totale, une justification et une validation du Dr Fischgrund. »
Au cours de son emploi, Beth Fischgrund aurait également été victime de commentaires inappropriés et à caractère sexuel de la part d’un autre médecin de la prison. Le procès a révélé que la direction était informée que plusieurs femmes avaient déjà déposé des plaintes pour harcèlement sexuel à l’encontre de ce praticien.
La situation a dégénéré lorsqu’un détenu a lui-même tenu des propos sexuels à son encontre, allant jusqu’à la menacer : « je te couperais la tête si nous n’étions pas ici mais dans mon monde », ont rapporté les conseils de la plaignante.
Les avocats ont souligné qu’une « alerte de séparation du personnel » aurait dû être émise pour éloigner ce détenu de Mme Fischgrund. Cependant, cette mesure n’a jamais été mise en place, les supérieurs de la psychologue ayant jugé la menace du détenu « non crédible ».
Après avoir alerté le siège du CDCR ainsi que ses collègues cliniciens par courrier électronique sur ses préoccupations sécuritaires, Mme Fischgrund a été licenciée deux jours plus tard, sous prétexte de « mauvaise conduite ».
Le procès alléguait par la suite que la psychologue avait été effectivement mise sur liste noire, l’empêchant de travailler dans tout autre établissement du CDCR. Les déclarations fausses et diffamatoires proférées à son sujet par des responsables pénitentiaires auraient gravement entravé ses perspectives d’emploi et eu des répercussions négatives sur sa santé mentale.