Home Divertissement Un suricate du désert dans votre appartement ? [이형주의 비인간동물사]

Un suricate du désert dans votre appartement ? [이형주의 비인간동물사]

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Publié le 19 octobre 2025 11:47:00. L’abandon croissant de NAC (Nouveaux Animaux de Compagnie) tels que les suricates et les ratons laveurs met en lumière les lacunes de la réglementation sur la détention d’animaux sauvages. Une nouvelle loi visant à réguler leur commerce par un système de « liste blanche » peine à convaincre par son application jugée trop laxiste.

  • Un suricate abandonné l’été dernier illustre la problématique des animaux exotiques non adaptés à la détention privée.
  • Le nombre d’abandons de reptiles, de ratons laveurs et de suricates est en forte hausse ces dernières années.
  • La nouvelle loi sur la faune introduit un système de « liste blanche » pour réguler la distribution des animaux sauvages, mais soulève des questions quant à son efficacité.

L’été dernier, un centre de protection des animaux dans la province de Jeonbuk a été confronté à un cas de suricate abandonné dans une rizière. L’animal, en mauvaise santé, nécessitait des soins spécifiques qui dépassaient les capacités du centre, conçu pour les chiens et les chats. Heureusement, ce suricate a pu être transféré à l’Institut national d’écologie, où il réside désormais dans un zoo public. Cette situation n’est pas isolée. Depuis 2022, le ministère de l’Environnement a mis en place un dispositif visant à confier quatre espèces d’animaux exotiques (suricates, ratons laveurs, renards, chiens de prairie) jugées impropres à la détention privée à l’Institut national d’écologie, via les centres de sauvetage de la faune sauvage, lorsque les propriétaires d’origine ne se manifestent pas.

L’engouement pour les animaux de compagnie ne cesse de croître, entraînant une augmentation parallèle de la popularité des « animaux de compagnie rares », tels que les reptiles et les oiseaux. Si le bien-être des animaux dans les élevages traditionnels de chiens et de chats est déjà un sujet de préoccupation, la détention et la vente d’animaux sauvages restaient largement non réglementées, à l’exception de quelques espèces menacées internationalement. Cette absence de cadre a permis la commercialisation sans discernement d’animaux potentiellement dangereux pour l’écosystème ou présentant un risque d’agressivité, comme les ratons laveurs et les renards. Les abandons de ces espèces ont significativement augmenté : en 2023, 9 ratons laveurs et 5 suricates ont été recensés dans les centres de protection, des chiffres qui ont grimpé à 20 et 11 respectivement en 2024. Concernant les reptiles, le nombre d’abandons a connu une hausse de 50 %, passant de 199 à 298.

Pour tenter d’endiguer ce phénomène, une révision de la loi sur la faune, intervenue en décembre 2022, a instauré un système de « liste blanche ». Désormais, tous les animaux sauvages pour lesquels des normes de gestion existent déjà sont considérés comme « animaux sauvages désignés gérés ». Une liste est établie, précisant les espèces autorisées à l’importation, à la reproduction, à la vente, etc., afin de limiter leur distribution. De plus, pour la détention et la vente d’animaux dépassant une certaine taille, des normes commerciales strictes doivent être respectées, et une autorisation gouvernementale est requise. Ce système de « liste blanche », déjà adopté par des pays européens comme la Belgique et les Pays-Bas, se distingue du système de « liste noire » qui se contente d’interdire certaines espèces. Il permet de ne reproduire que les espèces dont l’innocuité a été scientifiquement prouvée. Les pays pionniers dans ce domaine autorisent la détention privée uniquement pour des espèces dont la sécurité est avérée, sur la base de critères tels que la facilité de reproduction en milieu domestique, l’absence de risque pour l’écosystème en cas d’évasion, et l’exclusion des espèces pour lesquelles les informations sont insuffisantes ou contradictoires. Aux Pays-Bas, la liste blanche des mammifères inclut principalement des animaux domestiques (chiens, chats, chevaux, moutons), tandis que les animaux sauvages se limitent à certains rongeurs comme les gerbilles.

Cependant, l’efficacité de la liste blanche publiée par le gouvernement sud-coréen en août dernier est sujette à caution. Environ 900 espèces d’animaux y figurent, et parmi les mammifères, le suricate a été inclus. Or, ces animaux, originaires des déserts d’Afrique du Sud, ont des besoins écologiques complexes : ils vivent dans des terriers profonds de 2 à 5 mètres et forment des groupes sociaux allant jusqu’à 30 individus, avec des interactions complexes. Il est donc difficile de reproduire ces conditions dans un foyer ordinaire. Même dans les zoos, des comportements stéréotypés liés au stress peuvent apparaître chez les suricates si leurs enclos ne correspondent pas à leurs habitudes écologiques. Par ailleurs, à partir de 2027, les expositions d’animaux sauvages seront interdites dans les lieux autres que les zoos, tels que les cafés animaliers. L’inclusion du suricate dans la liste des « espèces pouvant être produites et vendues comme animaux de compagnie » semble donc incohérente. Alors que de plus en plus de voix s’élèvent pour demander l’élimination progressive des élevages commerciaux de chiens et de chats, il est légitime de s’interroger sur ce que l’autorisation légale de la production de suricates et de damans impliquerait pour notre société. En 2022, le ministère de l’Environnement promouvait le slogan : « Les animaux sauvages sont dans la nature, dans leur habitat naturel ». Il est temps de se demander s’il est réellement « naturel » d’acheter et de vendre des suricates, des animaux du désert, comme animaux de compagnie.

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