Publié le 26 octobre 2025 12:00:00. Des chercheurs de l’URV explorent le vieillissement des jonctions neuromusculaires et les moyens de préserver leur fonction. Une alimentation riche en antioxydants pourrait jouer un rôle clé dans le ralentissement de cette détérioration.
- Le vieillissement affecte la transmission de l’information entre les neurones et les muscles, notamment la libération de neurotransmetteurs.
- Une alimentation riche en antioxydants, comme un extrait de pépins de raisin, a montré des effets bénéfiques sur le fonctionnement des synapses chez les rats.
- Les chercheurs soulignent l’importance d’une approche combinant nutrition et mode de vie actif pour un vieillissement en bonne santé.
Comprendre les mécanismes exacts de la détérioration des jonctions neuromusculaires liées à l’âge est un défi scientifique majeur. L’Unité d’Histologie et Neurobiologie (UHNeurob) de l’Université Rovira i Virgili (URV), en partenariat avec le groupe MoBioFood, a mené une étude approfondie sur les modifications moléculaires au sein de ces connexions essentielles. Leur objectif : identifier comment le vieillissement impacte les molécules responsables de la transmission neuronale et comment une alimentation adaptée pourrait contrer ces effets négatifs.
L’équipe a examiné les jonctions neuromusculaires de rats, comparant des spécimens jeunes et âgés. Les résultats ont révélé une capacité surprenante des synapses à s’adapter aux dysfonctionnements induits par le vieillissement. « L’une des révélations les plus significatives a été la capacité des synapses neuromusculaires à maintenir efficacement le système malgré le vieillissement », explique María Angel Lanuza, chercheuse au Département des sciences médicales fondamentales de l’URV. Ces structures ajustent la présence de composants qui facilitent ou inhibent la transmission de l’information nerveuse.
Cependant, l’analyse a mis en lumière que certaines molécules directement impliquées dans la libération des neurotransmetteurs – les messagers chimiques du système nerveux – sont altérées par l’avancée en âge. Cette détérioration peut perturber le flux d’informations entre les neurones et les muscles, compromettant ainsi la fonctionnalité de la synapse. « Cette détérioration peut compromettre la fonctionnalité de la synapse ; par conséquent, les stratégies visant à améliorer son fonctionnement devraient se concentrer sur la libération de neurotransmetteurs », précise María Angel Lanuza.

Le rôle du stress oxydatif
Les recherches antérieures ont déjà pointé le stress oxydatif comme l’une des causes majeures du vieillissement cellulaire. Ce phénomène, caractérisé par une accumulation de radicaux libres – des molécules instables – endommage les structures cellulaires, nuisant ainsi à leur bon fonctionnement. Heureusement, une alimentation riche en antioxydants offre une parade partielle à ce processus.
Afin d’évaluer concrètement l’impact de ces composés, l’équipe de recherche a administré à des rats âgés un extrait de pépins de raisin, réputé pour sa forte concentration en antioxydants. Les résultats se sont avérés prometteurs : l’extrait a aidé à maintenir l’équilibre de la signalisation responsable de la libération des neurotransmetteurs et a contribué à une amélioration de la fonction synaptique.
Aliments et antioxydants : un duo gagnant ?
« Ces résultats soutiennent la consommation régulière d’aliments riches en antioxydants dans le cadre d’une stratégie innovante, basée sur l’alimentation, pour promouvoir un vieillissement en bonne santé », conclut María Angel Lanuza. Les auteurs de l’étude insistent cependant sur la nécessité de poursuites recherches pour appréhender pleinement le vieillissement neuromusculaire, ses répercussions et les meilleures stratégies pour en atténuer les effets, particulièrement chez l’être humain.
Ils rappellent également que les bienfaits d’une alimentation équilibrée doivent s’accompagner d’un mode de vie actif. Cette combinaison est essentielle pour préserver la santé neuromusculaire et générale tout au long de la vie. « L’alimentation a un impact profond sur le fonctionnement de notre corps, souvent aussi pertinent que l’exercice que nous faisons tout au long de la journée », ajoutent les chercheurs.