Publié le 2024-07-26 14:35:00. Le photographe de renom Julian Broad raconte comment une quête d’évasion et de simplicité l’a mené à troquer la vie londonienne pour une ferme isolée au Pays de Galles, un choix qui a profondément influencé son parcours artistique.
Julian Broad, l’un des portraitistes les plus demandés de Grande-Bretagne, a pris une décision radicale il y a vingt ans : quitter son loft spacieux du quartier d’Old Street à Londres pour s’installer dans une maison galloise vieille de 580 ans, nichée sur une colline isolée. Loin du tumulte de la capitale, il y a trouvé l’inspiration et un rythme de vie qui correspondent à ses aspirations profondes.
« Je suis arrivé ici avec des visions un peu folles et romantiques, rêvant d’être Robert Plant de Led Zeppelin sur une colline brumeuse, avec un lévrier, de la musique sortant de la maison, un verre de vin et une cigarette », confie le photographe. Il explique que l’attrait de cet endroit résidait dans son isolement : des kilomètres de routes principales, dix minutes sur un chemin de terre cahoteux. « Toutes les décisions que j’ai prises dans ma vie sont venues du cœur, plutôt que de la raison », ajoute-t-il.
Le parcours de Julian Broad vers le succès a été guidé par son intuition. Peu intéressé par les études académiques, il découvre la photographie grâce à un atelier au lycée à la fin des années 1970. Après avoir quitté l’école à 16 ans, il devient l’assistant d’un photographe londonien, puis travaille pendant deux années « extraordinaires » avec Lord Snowdon. « Ce que j’ai retenu de lui, c’est la nécessité constante d’absorber ce qui nous entoure », se souvient-il, évoquant un exercice lors de son deuxième entretien où on lui a demandé de fermer les yeux et de décrire son environnement dans les moindres détails.
À 23 ans, Julian se lance à son compte et obtient une collaboration régulière avec le magazine Pins and Needles, réalisant des séances photo avant et après des relookings de lecteurs. Il saisit chaque opportunité qui se présente, ce qui lui ouvre les portes de magazines influents tels que The Face, Arena et Blitz, ainsi que Harper’s & Queen, Vogue et Vanity Fair. Aujourd’hui, son travail est exposé à la National Portrait Gallery et il a photographié des personnalités aussi diverses que Bruce Springsteen et le groupe Radiohead.
La maison elle-même, avec sa façade en pierre adoucie par des plantations soigneusement choisies – roses, clématites ‘Jackmani’ et vignes grimpantes – témoigne du goût de Julian pour l’harmonie avec la nature. Initialement, la maison aurait dû être peinte en blanc avec des fenêtres noires et des portes rouges, mais Julian a opté pour un vert herbeux, inspiré par une couleur qu’il avait retrouvée sur un vieux tableau. Il souhaitait ainsi apporter une touche de gaieté aux longs et sombres hivers gallois.