Publié le 6 février 2026. Une nouvelle approche basée sur la stimulation nerveuse pourrait améliorer la récupération des patients âgés après une intervention chirurgicale, en particulier ceux souffrant de troubles neurodégénératifs comme la maladie d’Alzheimer.
- La stimulation percutanée du nerf vague (pVNS) réduit l’inflammation cérébrale et les troubles de l’attention et de la conscience après une opération.
- Des essais cliniques sur des patients sont actuellement en cours pour évaluer l’efficacité de cette technique.
- Cette recherche, menée par l’Université Duke, pourrait offrir une solution pour prévenir le délire postopératoire, une complication fréquente chez les personnes âgées.
Le délire postopératoire, une complication fréquente après une intervention chirurgicale, se manifeste par une confusion et une désorientation temporaires. Il touche particulièrement les patients âgés, et notamment ceux déjà fragilisés par des maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer. Si souvent considéré comme passager, ce délire peut avoir des conséquences durables, voire irréversibles, sur la trajectoire de la maladie.
Une équipe de chercheurs de la faculté de médecine de l’Université Duke a exploré une nouvelle voie pour atténuer ce phénomène. Leur étude, menée sur des modèles animaux, suggère que la stimulation du nerf vague – un nerf crânien majeur reliant le cerveau à de nombreux organes – pourrait jouer un rôle protecteur. En activant ce nerf grâce à une technique appelée stimulation percutanée du nerf vague (pVNS), les chercheurs ont observé une réduction de l’inflammation cérébrale et une amélioration des fonctions cognitives après une intervention chirurgicale.
« Pour de nombreux patients, en particulier ceux souffrant de neurodégénérescence sous-jacente, (la chirurgie) peut modifier de façon permanente la trajectoire de la maladie »
Nicolas Terrando, professeur d’anesthésiologie
Le professeur Nicolas Terrando, co-auteur de l’étude avec Warren M. Grill, professeur de génie biomédical, explique que la pVNS agit en modulant la communication entre le cerveau, le système immunitaire et les organes internes. Cette modulation permettrait de limiter la réponse inflammatoire et de préserver les fonctions cognitives.
Les résultats de cette recherche ouvrent la voie à de nouvelles perspectives thérapeutiques pour prévenir le délire postopératoire et améliorer la récupération des patients âgés. Des essais cliniques sont actuellement en cours pour évaluer l’efficacité de la pVNS chez les patients chirurgicaux. Plus d’informations sur l’étude sont disponibles sur le site de l’École de Médecine de Duke.
Les chercheurs impliqués dans cette étude sont affiliés à l’École d’ingénierie Pratt et à l’École de médecine de Duke. Vous pouvez consulter le profil de Nicolas Terrando sur Scholars@Duke et celui de Warren M. Grill sur Scholars@Duke.