Publié le 2024-11-21 18:30:00. Notre longévité est-elle principalement déterminée par nos gènes, ou par nos choix alimentaires ? Une vaste étude révèle que l’alimentation pourrait avoir un impact plus important que l’héritage génétique sur la durée de vie.
- Une alimentation saine peut augmenter l’espérance de vie de près de deux ans pour les hommes et de plus de 1,5 an pour les femmes.
- L’impact de l’alimentation est plus significatif que celui de la prédisposition génétique à la longévité.
- Même une adhésion modérée à des régimes alimentaires sains apporte des bénéfices mesurables en termes d’espérance de vie.
La question de savoir si notre durée de vie est principalement inscrite dans nos gènes ou façonnée par nos habitudes alimentaires est un débat de longue date. Une nouvelle analyse, basée sur les données de plus de 103 000 participants à la UK Biobank, apporte des éléments de réponse surprenants. L’étude suggère que, si la génétique joue un rôle, les choix alimentaires quotidiens pourraient avoir une influence encore plus grande sur notre longévité.
Les chercheurs ont croisé les données génétiques des participants avec des informations sur leur régime alimentaire, collectées à l’aide de questionnaires. Ils ont ensuite évalué la conformité de ces régimes à cinq modèles alimentaires considérés comme « sains » : l’indice alternatif d’alimentation saine (AHEI), le score de régime alternatif méditerranéen (AMED), l’indice de régime alimentaire sain à base de plantes (hPDI), les approches diététiques pour arrêter l’hypertension (DASH) et le régime de réduction du risque de diabète (DRRD). Les résultats ont montré que la plupart des participants se situaient dans une zone intermédiaire, respectant environ la moitié des recommandations nutritionnelles.
L’étude a révélé que les personnes qui suivaient le plus attentivement ces régimes alimentaires avaient tendance à être plus âgées, plus instruites, moins défavorisées socio-économiquement, moins susceptibles de fumer ou de boire excessivement, plus actives physiquement et avaient un indice de masse corporelle plus faible. Pour évaluer la prédisposition génétique à la longévité, les chercheurs ont utilisé un score de risque polygénique, basé sur l’analyse de nombreuses variantes génétiques.
Les résultats ont démontré que les cinq régimes alimentaires étudiés réduisaient le risque de mortalité toutes causes confondues d’environ 20 %, tandis qu’une prédisposition génétique à la longévité le réduisait de 15 %. En termes d’espérance de vie, les hommes qui suivaient le plus rigoureusement ces régimes alimentaires vivaient en moyenne entre 1,9 et 3,0 ans de plus que ceux qui y adhéraient le moins, et les femmes gagnaient entre 1,5 et 2,3 ans. La contribution génétique était, en comparaison, plus modeste, avec un gain d’environ 1,4 an pour les hommes et 1,7 an pour les femmes.
Il est intéressant de noter que les bénéfices de l’alimentation et de la génétique étaient cumulatifs : les hommes ayant à la fois des gènes favorables et une alimentation saine gagnaient jusqu’à 3,2 ans de vie, tandis que les femmes pouvaient gagner jusqu’à 5,5 ans. Cependant, l’étude a également mis en évidence un cas particulier : le régime de réduction du risque de diabète (DRRD) s’est avéré particulièrement bénéfique pour les personnes ayant une prédisposition génétique à une longévité plus faible.
L’analyse des différents constituants alimentaires a révélé que les fibres alimentaires avaient l’impact le plus important sur la longévité, contribuant à un meilleur contrôle glycémique et réduisant ainsi le risque de diabète et de maladies cardiovasculaires. La consommation d’alcool, en revanche, n’a pas semblé avoir d’effet significatif sur l’espérance de vie dans cette étude. La socialisation alimentaire, c’est-à-dire la transmission des habitudes alimentaires de génération en génération, pourrait également jouer un rôle important.
En conclusion, cette étude souligne que la longévité n’est pas uniquement déterminée par nos gènes, mais qu’elle est également le fruit de nos choix alimentaires et de nos habitudes de vie. Même une adhésion modérée à un régime alimentaire sain peut apporter des bénéfices significatifs en termes d’espérance de vie, et l’impact de l’alimentation est plus important que celui de l’héritage génétique. Le véritable héritage qui influence la durée de vie n’est peut-être pas génétique, mais culinaire.
Source: Modèles alimentaires sains, gènes de longévité et espérance de vie : une étude de cohorte prospective Avancées scientifiques DOI : 10.1126/sciadv.ads7559