Home Santé Une découverte clé expliquerait l’agressivité du glioblastome, la tumeur cérébrale maligne la plus courante et la plus agressive

Une découverte clé expliquerait l’agressivité du glioblastome, la tumeur cérébrale maligne la plus courante et la plus agressive

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Publié le 2024-02-29. Des chercheurs de l’Université Brown ont identifié un mécanisme clé qui explique la résistance du glioblastome, une forme agressive de cancer du cerveau, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives thérapeutiques potentielles.

  • Une équipe de recherche a découvert que la diversité cellulaire au sein des tumeurs de glioblastome contribue à la résistance aux traitements.
  • La molécule miR-181d joue un rôle central dans la régulation de la production d’une protéine de réparation de l’ADN, MGMT, qui permet aux cellules cancéreuses de survivre à la chimiothérapie.
  • Une stratégie thérapeutique basée sur la thérapie génique, visant à stabiliser les niveaux de miR-181d, est en cours d’étude pour améliorer l’efficacité des traitements existants.

Le glioblastome est l’une des formes les plus agressives de cancer du cerveau chez l’adulte, classée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une tumeur maligne particulièrement difficile à traiter. Caractérisé par une croissance rapide et une forte propension à la récidive, même après une intervention chirurgicale, une radiothérapie et une chimiothérapie, ce cancer représente un défi majeur pour la communauté médicale.

L’étude, menée par des chercheurs de Brown University Health en collaboration avec des équipes de l’Université du Minnesota, de VisiCELL Medical Inc., de l’Université de Stanford et de l’Université Johns Hopkins, met en lumière un facteur jusqu’alors sous-estimé : l’hétérogénéité des cellules tumorales. Au sein d’un même glioblastome, coexistent des cellules aux comportements très différents, certaines étant sensibles à la chimiothérapie tandis que d’autres y résistent. Cette diversité interne rend difficile l’éradication complète de la tumeur.

Selon le Dr Clark Chen, directeur du programme des tumeurs cérébrales de Brown University Health, l’approche traditionnelle consistait à considérer la tumeur comme un ensemble homogène.

« Nous avons décidé de regarder cellule par cellule, et cela a changé ce que nous avons vu. »

Clark Chen, directeur du programme des tumeurs cérébrales de Brown University Health

Cette nouvelle perspective a permis d’identifier miR-181d, une petite molécule, ou microARN, qui agit comme un régulateur clé de la production de la protéine MGMT.

La protéine MGMT joue un rôle crucial dans la réparation de l’ADN. Lorsque la chimiothérapie endommage le matériel génétique des cellules tumorales, MGMT intervient pour réparer ces dommages, permettant ainsi aux cellules de survivre. Plus une cellule produit de MGMT, plus elle devient résistante au traitement. L’étude révèle que les cellules tumorales présentent des niveaux variables de MGMT, certaines en produisant beaucoup et d’autres très peu, ce qui explique pourquoi certaines cellules survivent à la chimiothérapie et contribuent à la récidive de la tumeur.

Les chercheurs ont également découvert que la chimiothérapie réduit les niveaux de miR-181d à l’intérieur de la tumeur. En diminuant l’activité de cette molécule, le déséquilibre interne s’accentue et davantage de cellules commencent à produire de grandes quantités de MGMT, devenant ainsi résistantes. À l’inverse, lorsque les chercheurs ont administré directement du miR-181d dans la tumeur, ils ont observé que les cellules se comportaient de manière plus uniforme et produisaient des niveaux similaires de protéine de réparation, rendant la tumeur plus vulnérable au traitement.

L'étude publiée dans Cell Reports propose que le contrôle de la variabilité de la protéine MGMT pourrait augmenter la vulnérabilité de la tumeur cérébrale
L’étude publiée dans Cell Reports propose que le contrôle de la variabilité de la protéine MGMT pourrait augmenter la vulnérabilité de la tumeur cérébrale (Image d’illustration Infobae)

Sur la base de ces résultats, l’équipe propose une stratégie thérapeutique expérimentale basée sur la thérapie génique, visant à stabiliser les niveaux de miR-181d dans la tumeur. L’objectif n’est pas d’éliminer directement les cellules cancéreuses, mais d’empêcher qu’elles ne développent une résistance aussi facilement. Le Dr Gatikrushna Singh, neurochirurgien à l’Université du Minnesota et collaborateur de l’étude, a souligné que cette approche représente une avancée significative.

« Cliniquement, cela ouvre la porte à des stratégies qui pourraient changer la donne pour de nombreux patients atteints de glioblastome. »

Gatikrushna Singh, neurochirurgien à l’Université du Minnesota

Les chercheurs de Brown University Health précisent que ce travail en est encore au stade préclinique, mais qu’il a déjà permis de concevoir des thérapies expérimentales visant à évaluer si le maintien de niveaux stables de miR-181d peut améliorer l’efficacité de la chimiothérapie. Cette découverte ne propose pas de traitement immédiat, mais offre une nouvelle façon de concevoir la lutte contre le glioblastome : non pas comme un ennemi uniforme, mais comme un système désorganisé qui pourrait devenir plus vulnérable si le comportement de ses cellules pouvait être coordonné. Pour un cancer aussi difficile à traiter, ce changement de perspective pourrait s’avérer déterminant à l’avenir.

Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue scientifique Cell Reports, témoignant de l’intérêt croissant de la communauté scientifique pour cette nouvelle approche.

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