Publié le 20 octobre. L’inquiétude des Philippins face à la corruption au sein du gouvernement a atteint un niveau record ce trimestre, dépassant pour la première fois des préoccupations économiques majeures comme l’amélioration des salaires. Cette flambée de défiance, révélée par une enquête de l’OCTA Research, survient alors que les grands groupes d’affaires du pays alertent le président sur une « crise » érodant la confiance et menaçant la sécurité nationale.
- Une enquête nationale de l’OCTA Research, menée entre le 25 et le 30 septembre, montre une hausse spectaculaire de 18 points de pourcentage de l’inquiétude publique concernant la corruption.
- Cette préoccupation passe de 13 % en juillet à 31 % en septembre, marquant un sommet historique et inscrivant la corruption parmi les cinq préoccupations nationales majeures selon l’institut.
- Cette évolution signale un basculement des priorités publiques, passant de questions essentiellement économiques à des enjeux de gouvernance et de responsabilité.
Cette préoccupation croissante a relégué au second plan des sujets tels que l’amélioration ou l’augmentation des salaires, qui figuraient pourtant régulièrement dans le trio des priorités nationales urgentes depuis mars 2024. Néanmoins, le contrôle de l’inflation, c’est-à-dire la maîtrise de la hausse des prix des biens et services de base, demeure la préoccupation numéro un des Philippins adultes, selon les conclusions de l’enquête.
La gravité de la situation a été soulignée dimanche par 34 grands groupes d’affaires du pays. Ils ont adressé un appel pressant au président philippin Ferdinand Romualdez Marcos pour qu’il s’attaque à ce qu’ils qualifient de « scandale de corruption historique, massif et sans précédent ». Ces organisations économiques ont condamné ce phénomène comme une véritable « crise », qui non seulement a sapé la confiance du public, mais menace désormais la sécurité nationale.