Publié le 7 février 2026. Une étude comparative révèle une forte prévalence de troubles psychiatriques chez les patients atteints de maladies neurologiques auto-immunes, mais le moment de leur apparition diffère selon le type de pathologie : SEP récidivante, maladie associée aux anticorps anti-glycoprotéines oligodendrocytes de myéline (MOGAD) ou trouble du spectre de la neuromyélite optique (NMOSD).
- Les troubles anxieux sont les comorbidités psychiatriques les plus fréquentes dans les trois cohortes de patients étudiées.
- La dépression est plus fréquente chez les patients atteints de SEP récidivante que chez ceux atteints de MOGAD, avec une différence statistiquement significative.
- L’apparition des symptômes psychiatriques tend à précéder le diagnostic neurologique dans la SEP récidivante, tandis qu’elle survient plus souvent après le diagnostic dans la MOGAD.
Les comorbidités psychiatriques sont fréquemment observées chez les patients atteints de maladies neurologiques auto-immunes, notamment la sclérose en plaques (SEP), le trouble du spectre de la neuromyélite optique (NMOSD) et la maladie associée aux anticorps anti-glycoprotéines oligodendrocytes de myéline (MOGAD). Une nouvelle étude comparative transversale, présentée lors du Forum 2026 du Comité des Amériques pour le traitement et la recherche sur la sclérose en plaques (ACTRIMS), qui s’est tenu du 5 au 7 février à San Diego, en Californie, a mis en évidence des différences notables dans le moment de l’apparition de ces troubles en fonction de la maladie.
L’étude a révélé que l’anxiété est la comorbidité psychiatrique la plus courante dans les trois groupes de patients : elle touche 46,3 % des personnes atteintes de MOGAD (n = 119), 48,6 % de celles atteintes de SEP récidivante (n = 125, P = 0,5) et 41,4 % des patients atteints de NMOSD (n = 24, P = 0,6). Ces différences ne sont pas statistiquement significatives.
Selon le Dr. Moritz Niederschweiberer, neurologue à la Clinique Mayo et auteur principal de l’étude, la dépression est également fréquente, mais sa prévalence varie significativement entre les patients atteints de MOGAD et de SEP récidivante. 47,5 % des patients atteints de SEP récidivante (n = 122) ont des antécédents de dépression, contre 37,4 % des patients atteints de MOGAD (n = 96), une différence qui atteint une signification statistique (P = 0,02). La dépression est observée chez 41,4 % des patients atteints de NMOSD (n = 24), mais cette cohorte est plus petite.
Les chercheurs ont analysé les dossiers médicaux électroniques de 257 patients atteints de MOGAD et de 257 patients atteints de SEP-RR, appariés selon le sexe et l’âge au début de la maladie, ainsi que de 58 patients atteints de NMOSD. L’âge médian d’apparition neurologique est de 35 ans (écart interquartile [IQR] 25-47) pour la MOGAD et la SEP-RR, contre 47 ans (IQR, 37-56) pour le NMOSD. Les femmes représentent 63,9 % des cohortes de patients MOGAD et SEP-RR et 89,7 % de la cohorte NMOSD.
L’étude a révélé que plus de cinq ans avant l’apparition des symptômes neurologiques, une proportion significativement plus élevée de patients atteints de SEP récidivante avaient déjà présenté des symptômes de dépression ou d’anxiété par rapport aux patients atteints de MOGAD (27,2 % contre 17,6 % ; P = 0,037). En revanche, au cours de la première année suivant l’apparition des symptômes neurologiques, les troubles psychiatriques sont apparus plus fréquemment chez les patients atteints de MOGAD : 23,1 % (n = 42) ont développé une dépression ou de l’anxiété, contre 8,6 % (n = 14) pour les personnes atteintes de SEP récidivante (P < 0,001).
Le trouble déficitaire de l’attention/hyperactivité est moins fréquent et ne diffère pas significativement entre les groupes (8,9 % des patients atteints de MOGAD (n = 23), 10,1 % de ceux atteints de SEP récidivante (n = 26 ; P = 0,65) et 5,2 % avec NMOSD (n = 3 ; P = 0,44)). L’insomnie est rare, mais plus fréquente chez les patients atteints de NMOSD (n = 5, 8,6 %) que chez ceux atteints de MOGAD (n = 5 ; 1,9 % ; P = 0,009) ou de SEP récidivante (n = 6 ; 6,6 % ; P = 0,019).
Les auteurs soulignent que les comorbidités psychiatriques sont bien documentées dans la SEP et le NMOSD, et que certaines études suggèrent que les symptômes psychiatriques peuvent précéder l’apparition de la SEP, suggérant une phase présymptomatique. La MOGAD étant une entité pathologique plus récemment définie, les données concernant son impact psychiatrique et sa comparaison temporelle avec d’autres maladies démyélinisantes sont limitées.
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