Home Santé Une étude de l’IIT Bombay relie l’excès de mucus à l’affaiblissement des défenses pulmonaires et à une augmentation des crises d’allergie

Une étude de l’IIT Bombay relie l’excès de mucus à l’affaiblissement des défenses pulmonaires et à une augmentation des crises d’allergie

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Publié le 15 février 2026 à 14h17, heure locale. Une étude de l’Institut indien de technologie de Bombay révèle un paradoxe : l’accumulation de mucus dans les voies respiratoires, loin de renforcer les défenses pulmonaires, peut en réalité les affaiblir et aggraver les crises d’allergie, notamment dans les villes polluées.

  • Une trop grande quantité de mucus crée des zones d’exposition accrue des parois respiratoires aux particules fines et aux allergènes.
  • Les chercheurs ont observé que le mucus, en augmentant de volume, forme des « bosses » qui laissent de vastes portions des voies respiratoires vulnérables.
  • Cette découverte pourrait expliquer pourquoi les crises d’asthme s’aggravent rapidement et ouvre la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques ciblées.

Des chercheurs de l’Institut indien de technologie de Bombay (IIT Bombay) ont mis en évidence un mécanisme inattendu : l’excès de mucus dans les voies respiratoires peut compromettre leur capacité à se protéger contre les agressions extérieures. Alors que l’on considère généralement le mucus comme un bouclier naturel, cette étude démontre que son accumulation peut avoir l’effet inverse.

Les voies respiratoires sont naturellement équipées d’un système de défense qui sécrète du mucus pour piéger les corps étrangers. Cependant, dans les grandes métropoles indiennes comme Delhi, Mumbai et Bangalore, où la pollution atmosphérique est omniprésente, ce mécanisme semble dysfonctionner. L’air chargé de smog pose un risque constant pour la santé respiratoire de millions de personnes.

L’étude, récemment publiée et accessible ici, révèle qu’au fur et à mesure que le volume de mucus augmente en réponse à la pollution ou à la présence de corps étrangers, son efficacité protectrice ne s’améliore pas. Au contraire, l’accumulation de mucus crée des reliefs irréguliers, des « bosses » étroites, qui laissent de larges portions des parois des voies respiratoires exposées.

Selon Swarnaditya Hazra et le professeur Jason R. Picardo, auteurs de l’étude, ce paysage inégal pourrait expliquer pourquoi un excès de mucus est nocif. Il permet aux particules fines, notamment la suie, de pénétrer plus profondément dans les poumons et de déclencher des crises d’asthme. Le professeur Picardo explique :

« Notre travail montre que la couche de mucus qui tapisse les voies respiratoires devient de plus en plus inégale à mesure que son volume augmente. »

Jason R. Picardo, professeur à l’IIT Bombay

Les particules de suie, souvent de taille submicronique (inférieure à un micron, soit des milliers de fois plus fines qu’un cheveu humain), se déposent facilement sur les parois des voies respiratoires lorsqu’elles sont exposées. L’étude souligne que, contrairement à l’intuition, un film de mucus plus volumineux ne signifie pas une meilleure couverture protectrice.

« Pour être clair, notre découverte est qu’un film de mucus plus volumineux se rassemble en bosses plus profondes mais plus étroites, ce qui entraîne une expansion des zones appauvries en mucus. C’est en effet contre-intuitif. »

Jason R. Picardo, professeur à l’IIT Bombay

Pour les habitants des zones fortement polluées, cette découverte est cruciale. Au-delà du manque de couverture, un excès de mucus peut également obstruer physiquement les voies respiratoires, rendant la respiration difficile. Hazra précise :

« Au-delà du manque de couverture, un excès de mucus peut également entraîner une obstruction physique des voies respiratoires, obstruant ainsi l’air dont nous avons besoin pour survivre. »

Swarnaditya Hazra, chercheur à l’IIT Bombay

L’étude met également en lumière un « cercle vicieux » dans le cas de l’asthme. Lorsqu’une personne asthmatique inhale un allergène, son corps réagit en sécrétant davantage de mucus. Or, selon les chercheurs de l’IIT Bombay, cette hypersécrétion aggrave le problème en concentrant le mucus dans les « bosses » et en exposant davantage les parois des voies respiratoires aux allergènes qui ont déclenché la réaction initiale. Le professeur Picardo explique :

« Cela pourrait amplifier la réponse allergique, car le dépôt d’allergènes déclenche une sécrétion excessive de mucus et une constriction des voies respiratoires… cela entraînerait à son tour une plus grande exposition de la paroi aux allergènes, dont le dépôt ultérieur amplifierait la réponse allergique. »

Jason R. Picardo, professeur à l’IIT Bombay

Bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires pour établir un lien précis entre la mécanique des fluides et les réponses cellulaires, cette étude fournit une base physique pour comprendre pourquoi certaines crises d’asthme s’aggravent si rapidement. Comprendre la formation de ces bosses de mucus et leur capacité à capturer les particules pourrait permettre de concevoir des médicaments ciblés, délivrant les principes actifs directement là où ils sont nécessaires.

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