Home Santé Une étude révèle une augmentation « alarmante » des superbactéries chez les nouveau-nés : ScienceAlert

Une étude révèle une augmentation « alarmante » des superbactéries chez les nouveau-nés : ScienceAlert

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Publié le 2025-10-12 13:01:00. Une nouvelle étude révèle que les infections bactériennes résistantes aux antibiotiques sévissent chez les nouveau-nés en Asie du Sud-Est, rendant inefficaces les traitements de première ligne contre la septicémie et menaçant de faire grimper la mortalité infantile.

  • La résistance aux antimicrobiens (RAM) constitue une menace mondiale croissante, classée troisième cause de décès en 2019 avec 5 millions de victimes.
  • En Asie du Sud-Est, près de 80 % des infections néonatales étudiées étaient causées par des bactéries multirésistantes, notamment des germes à Gram négatif.
  • Le manque de nouveaux antibiotiques adaptés aux nourrissons et la nécessité de mettre à jour les recommandations sanitaires face aux profils bactériens locaux sont soulignés par les chercheurs.

La lutte de l’humanité contre les micro-organismes résistants aux médicaments bat de l’aile. La résistance aux antibiotiques est devenue l’une des principales causes de décès dans le monde, dépassant en 2019 le bilan du VIH/SIDA ou du paludisme. Une nouvelle étude, axée sur l’Asie du Sud-Est, met en lumière la prévalence alarmante de ces « superbactéries » chez les nouveau-nés. Les résultats suggèrent que les traitements standards contre la septicémie néonatale sont de moins en moins efficaces face à la majorité des infections bactériennes chez les plus jeunes.

Les chercheurs ont analysé près de 15 000 échantillons de sang prélevés sur des nourrissons malades entre 2019 et 2020 dans dix hôpitaux de cinq pays de la région : le Sri Lanka, l’Indonésie, la Malaisie, le Vietnam et les Philippines. L’étude révèle des taux élevés de non-sensibilité aux antibiotiques recommandés par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour traiter le sepsis néonatal. Ces bactéries, souvent à Gram négatif comme *E. coli*, *Klebsiella* et *Acinetobacter*, qui sont intrinsèquement plus difficiles à traiter, sont désormais responsables d’infections graves dès les premiers jours de vie des nourrissons, là où elles étaient auparavant associées à des bébés plus âgés.

« Notre étude met en évidence les causes d’infections graves chez les bébés dans les pays d’Asie du Sud-Est présentant des taux élevés de sepsis néonatal, et révèle un fardeau alarmant de RAM qui rend de nombreuses thérapies actuellement disponibles inefficaces pour les nouveau-nés. »

Phoebe Williams, pédiatre à l’Université de Sydney et co-auteure de l’étude

La situation est d’autant plus préoccupante que le développement de nouveaux antibiotiques spécifiquement destinés aux nourrissons est un processus long et coûteux. Il faut compter environ dix ans pour qu’un nouveau médicament soit testé et approuvé pour cette population vulnérable. Le manque de candidats-médicaments impose un investissement conséquent dans la recherche et le développement.

Face à cette urgence, les chercheurs appellent à une révision rapide des protocoles de traitement. Les lignes directrices actuelles doivent être actualisées pour tenir compte des profils bactériens locaux et des schémas de résistance observés sur le terrain. Sans cela, le risque est de voir les taux de mortalité infantile repartir à la hausse.

« Les lignes directrices doivent être mises à jour pour refléter les profils bactériens locaux et les modèles de résistance connus. Sinon, les taux de mortalité ne feront qu’augmenter. »

Phoebe Williams, pédiatre à l’Université de Sydney et co-auteure de l’étude

Les résultats de l’étude soulignent également une proportion plus élevée d’infections fongiques chez les bébés en Asie du Sud-Est (près d’une infection grave sur dix) par rapport aux pays à revenu élevé. La septicémie néonatale évoluant rapidement, les médecins n’ont souvent pas le temps d’attendre les résultats des tests de laboratoire pour identifier l’agent pathogène. Ils s’appuient alors sur les données de recherche disponibles, qui proviennent majoritairement de pays développés et sont donc moins pertinentes pour d’autres contextes régionaux. Une surveillance épidémiologique plus fine et localisée est donc indispensable pour guider efficacement les décisions thérapeutiques et éviter de compromettre les progrès réalisés en matière de réduction de la mortalité infantile.

« Nous avons besoin d’une surveillance plus spécifique à chaque région pour guider les décisions de traitement. Sinon, nous risquons d’annuler des décennies de progrès dans la réduction des taux de mortalité infantile. »

Michelle Harrison, doctorante à l’École de santé publique de l’Université de Sydney et co-auteure de l’étude

« Nos résultats ont également révélé que les infections fongiques étaient à l’origine de près d’une infection grave sur 10 chez les bébés – un taux beaucoup plus élevé que dans les pays à revenu élevé. Nous devons nous assurer que les médecins prescrivent les traitements qui ont les meilleures chances de sauver la vie d’un bébé. »

Michelle Harrison, doctorante à l’École de santé publique de l’Université de Sydney et co-auteure de l’étude

L’étude a été publiée dans la revue The Lancet Regional Health – Western Pacific.

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