Publié le 2025-10-18 01:36:00. Le procès pour le meurtre d’une fillette de 12 ans à Paris en 2022 s’est ouvert ce vendredi. L’accusée, une jeune femme algérienne en situation irrégulière, comparaît pour l’assassinat de Lola, un drame qui a suscité une vive polémique politique en France.
- Dahbia Benkired, 27 ans, est accusée d’avoir sexuellement agressé et tué Lola.
- Le mobile du crime reste flou, l’accusée ne connaissant pas la victime.
- L’affaire a été instrumentalisée par l’extrême droite, critiquant la gestion de l’immigration.
C’est devant le tribunal correctionnel de Paris que s’est ouvert, ce vendredi 17 octobre 2025, le procès très attendu de Dahbia Benkired. L’accusée est poursuivie pour avoir violemment agressé et tué Lola, une fillette de 12 ans, en avril 2022 dans la capitale française. Le verdict pourrait la condamner à la réclusion criminelle à perpétuité. Le procès doit se tenir jusqu’au 24 octobre.
Lola, fille des gardiens d’un immeuble du 19ème arrondissement de Paris, a été retrouvée sans vie à proximité de sa résidence. L’accusée, qui a avoué les faits durant l’instruction, aurait enveloppé le visage de la jeune fille avec du ruban adhésif avant de la poignarder. Elle aurait ensuite transporté le corps dans une valise pendant plusieurs heures avant de l’abandonner près de l’immeuble.
Les enquêteurs peinent encore à cerner le mobile de ce crime atroce. Dahbia Benkired, aujourd’hui âgée de 27 ans, ne connaissait pas Lola. Une des pistes étudiées évoque une altercation qui aurait eu lieu entre l’accusée et la mère de la victime dans l’immeuble où cette dernière travaillait comme concierge. L’accusée a déclaré avoir vu un « fantôme » en Lola et avoir agi par « peur » d’un « diable lui-même », couvrant la fillette de ruban adhésif par crainte. Cependant, les experts psychiatriques ont écarté toute pathologie mentale susceptible d’annuler sa responsabilité pénale, malgré des allusions à la religion lors de ses interrogatoires.
Dès la révélation des détails du drame, l’émotion a été vive en France, débouchant rapidement sur une politisation de l’affaire. L’extrême droite s’est emparée du dossier pour fustiger la politique migratoire du gouvernement, pointant du doigt le statut d’étrangère en situation irrégulière de l’assassin présumée, sous le coup d’un arrêté d’expulsion non appliqué. Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national (RN), a ainsi dénoncé le fait que « 90% de ces expulsions restent sans suite », un argument repris par plusieurs figures des Républicains (LR).
Éric Zemmour, alors candidat à l’élection présidentielle, avait, par l’intermédiaire de son parti Reconquête, lancé une campagne sur les réseaux sociaux et organisé une manifestation « pour Lola », mettant en avant le discours d’un mineur français victime d’un étranger. Dahbia Benkired était arrivée en France en 2016 avec un visa étudiant. Sa vie a ensuite pris un tournant difficile, notamment après le décès de sa mère en 2020. Devenue sans-papiers, elle a enchaîné les petits boulots et aurait développé une forte consommation de cannabis.