Home Sciences et technologies Une fuite massive révèle comment le « Grand Pare-feu » chinois est exporté vers d’autres pays

Une fuite massive révèle comment le « Grand Pare-feu » chinois est exporté vers d’autres pays

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Publié le 2025-10-19 18:49:00. Une enquête basée sur une fuite massive de documents révèle qu’une entreprise chinoise peu connue, Geedge Network, exporte des outils de censure Internet similaires à ceux du « Grand Pare-feu » chinois vers plusieurs pays d’Afrique et d’Asie, soulevant des préoccupations quant à l’expansion de la surveillance numérique à l’échelle mondiale.

  • Une fuite de plus de 100 000 documents met en lumière l’activité de Geedge Network, une société chinoise spécialisée dans la surveillance du trafic Internet, qui vend ses technologies à des gouvernements étrangers.
  • Ces outils, qui sous-tendent le « Grand Pare-feu » chinois, permettent de filtrer et de bloquer l’accès à certains contenus en ligne, assurant ainsi un contrôle gouvernemental sur l’information.
  • L’entreprise aurait noué des liens avec des pays tels que le Myanmar, le Pakistan, le Kazakhstan et l’Éthiopie, ciblant des régimes désireux de renforcer leur propre censure.

La publication de ces documents dévoile l’ampleur de l’implication de Geedge Network dans l’infrastructure de surveillance, et plus particulièrement dans sa stratégie d’exportation. L’entreprise opère comme une société de cybersécurité classique, proposant des solutions matérielles et logicielles sophistiquées aux gouvernements désireux de surveiller le trafic entrant sur leur territoire. Bien que Geedge Network soit restée discrète par le passé, son rôle dans la diffusion de ces technologies de contrôle est désormais au centre de l’attention.

Un élément clé révélé par l’enquête concerne les liens entre Geedge Network et les origines du « Grand Pare-feu ». En 2019, Fang Bingxin, un scientifique chinois reconnu comme le « père du Grand Pare-feu chinois » pour avoir créé son premier prototype, était l’un des investisseurs de Geedge. Cette connexion suggère une volonté de commercialiser et d’exporter cette technologie de surveillance.

L’entreprise semble cibler spécifiquement les pays déjà engagés dans des politiques de censure. Le Pakistan, par exemple, avait tenté de mettre en place un système de censure avec des entreprises occidentales avant que celles-ci ne se retirent suite à des sanctions. Geedge Network a alors saisi l’opportunité en proposant de réutiliser le matériel existant pour construire une infrastructure de censure plus performante et à jour, ce que le gouvernement pakistanais a accepté.

Au-delà des cas documentés, la fuite révèle que Geedge Network a recruté des ingénieurs pour maintenir son infrastructure à l’étranger, mentionnant spécifiquement le Pakistan, Bahreïn, l’Inde, la Malaisie et l’Algérie. Le recrutement récent d’un traducteur parlant espagnol et français laisse également présager une expansion vers d’autres marchés linguistiques.

Les documents mettent également en lumière l’implication de Geedge Network au sein même de la Chine, fournissant des services à des gouvernements provinciaux, y compris dans la région du Xinjiang. Les justifications avancées incluent la lutte contre le terrorisme et la gestion des minorités ethniques, mais également la détection d’escroqueries financières dans d’autres provinces. Cette facette du projet souligne comment l’expertise développée pour le marché international peut être réinvestie pour renforcer la surveillance intérieure.

Cette situation jette une lumière nouvelle sur le fonctionnement des entreprises chinoises au service des objectifs gouvernementaux, démontrant que le contrôle de l’information n’est pas uniquement l’apanage d’opérations étatiques directes, mais peut aussi passer par des mécanismes commercialisés. Sur le plan géopolitique, l’initiative de la Chine à travers des projets comme la « Ceinture et la Route » pourrait être renforcée par la diffusion de son modèle de gestion d’Internet. En proposant des technologies de contrôle aux gouvernements désireux de maîtriser l’information de leurs citoyens, la Chine pourrait ainsi consolider son influence et encourager l’adoption de systèmes similaires, façonnant ainsi le paysage numérique mondial de la prochaine décennie.

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