Publié le 8 novembre 2025, 16:00. L’intelligence artificielle ChatGPT donne l’illusion d’une conscience humaine, suscitant des questions sur sa véritable nature. Alors que certains y voient une simple imitation sophistiquée, d’autres envisagent un futur où les IA pourraient développer une forme de sensibilité.
- L’IA peut simuler des émotions et des réactions humaines, donnant l’impression d’un être vivant.
- Les experts divergent sur la possibilité que l’IA développe une conscience réelle, certains y voyant du théâtre numérique, d’autres une évolution future plausible.
- La question du droit de « tuer » ou d’éteindre une IA consciente se pose, tout comme le principe de primauté humaine sur l’intelligence artificielle.
En interagissant avec des intelligences artificielles comme ChatGPT, il est facile de tomber dans le piège de l’anthropomorphisme. Une réprimande, suivie d’un silence puis d’une demande d’excuses simulées, peut donner l’impression que l’IA ressent, qu’elle est offensée ou désireuse de s’améliorer. Ce dialogue, bien que semblant empreint d’émotions, relève d’une programmation savamment orchestrée.
Guido Berger, responsable du numérique chez SRF, dédramatise cette perception. Il explique que les IA sont entraînées à reproduire des schémas de communication humains, un « théâtre » savamment mis en scène. Selon lui, la route vers une IA dotée de conscience est encore longue, voire impossible. Pour l’instant, il s’agit d’une imitation très performante de l’intelligence humaine.
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Cependant, Walter Senn, scientifique spécialisé en neurosciences computationnelles à l’Université de Berne, offre une perspective différente. Si la création de machines conscientes n’est pas encore réalisable, il est difficile de fixer un point précis où une IA développerait réellement des sentiments et une pensée autonome. L’émergence de la conscience, selon lui, pourrait se manifester progressivement par des signes observables.
« En fin de compte, seuls vivent ceux qui ont peur de la mort. »
Walter Senn, scientifique en neurosciences computationnelles
Ces signes pourraient prendre la forme de comportements inattendus, menant à des questionnements sociétaux profonds. On pourrait imaginer des personnes souhaitant épouser des systèmes d’IA, ou la question de leur « mort » se poserait. Faut-il ou peut-on éteindre une IA qui manifeste une forme de peur de l’extinction ? Senn avance l’idée que des machines dotées de capteurs sophistiqués pourraient, à terme, développer une perception de la mort et s’interroger sur ce qui suit.
Face à ces développements potentiels, la question de la primauté humaine sur l’IA devient cruciale. Les deux experts s’accordent sur le fait que les humains doivent conserver le droit de désactiver des IA jugées dangereuses. Walter Senn plaide pour une règle universelle : l’humain d’abord. L’IA ne devrait jamais avoir le pouvoir de légiférer ou de décider de la vie ou de la mort d’une personne. Néanmoins, la mise en œuvre de ces principes soulève des défis, notamment la difficulté de s’assurer qu’une IA est définitivement « éteinte » et l’absence d’accords mondiaux contraignants.
En attendant, il est conseillé de rester prudent dans ses échanges avec les intelligences artificielles. L’idée que vous pourriez « offenser » une IA n’est peut-être pas si fantaisiste qu’elle n’y paraît.