Linda Nguyen, opticienne mobile et fondatrice de Sydney Soins Optométrie, repousse les limites de l’accessibilité aux soins oculaires à Sydney. Diplômée de l’UNSW en 2006, elle a bâti son cabinet sur une vision d’inclusion, offrant des consultations à domicile, en milieu scolaire et auprès de patients fragilisés, qu’il s’agisse de personnes âgées, d’enfants en bas âge ou de patients en réadaptation après un traumatisme crânien. Sa démarche novatrice lui vaut une nomination parmi les finalistes des HESTA Excellence Awards 2025 dans la catégorie leadership en santé paramédicale.
Une journée au service de la vision, sous toutes ses formes
Dès 6h45, la journée de Linda Nguyen commence dans un tourbillon matinal typique des parents actifs. Entre la préparation des petits-déjeuners, les uniformes à enfiler et les repas à empaqueter pour les enfants, elle peut compter sur le soutien de son conjoint pour assurer le bon déroulement de la matinée scolaire.
À 7h30, le véritable travail démarre. La logistique d’une clinique ophtalmologique mobile exige une anticipation méticuleuse. La veille, tout le matériel nécessaire est préparé et rechargé. La voiture se transforme en cabinet ambulant, prête à transporter une diversité d’équipements adaptés à des environnements variés : une salle de classe remplie de jeunes enfants, le domicile d’une personne âgée, une clinique satellite ou encore un centre accueillant des personnes en situation de handicap, y compris celles qui ne peuvent communiquer verbalement. Les kits, dissimulés dans des valises robustes, contiennent des jouets ludiques, du matériel adapté aux besoins spécifiques et des montures variées pour répondre à tous les goûts.
À 9h00, la première étape de cette journée la mène au centre de santé autochtone local. Après un enregistrement rapide et une revue des patients prévus, Linda échange avec les professionnels de santé sur les cas nécessitant une attention particulière. S’ensuit une cascade de rendez-vous : examens de la vue, bilans ophtalmologiques avec dilatation des pupilles, et aide au choix des lunettes. Elle collabore étroitement avec une équipe pluridisciplinaire, incluant médecins généralistes, ophtalmologistes et la Fondation Brien Holden, dans le cadre d’une approche globale des maladies chroniques.
Des visites à domicile pour une prise en charge personnalisée
Une pause déjeuner rapide à 12h30 permet d’avancer sur certaines tâches administratives, comme répondre aux demandes des patients, avant de reprendre la route.
L’après-midi, à partir de 13h30, est dédié aux visites à domicile. La stratégie consiste à regrouper les patients par secteur géographique pour optimiser les déplacements. Ces visites offrent à Linda un aperçu précieux du quotidien de ses patients. Elle observe leur environnement de vie, la configuration de leur domicile, l’éclairage, et les services d’aide à domicile dont ils bénéficient, autant d’éléments cruciaux pour l’élaboration d’un plan de traitement sur mesure. Certaines visites requièrent une adaptabilité remarquable, comme des examens réalisés auprès de patients ne pouvant adopter que la position allongée.
Au-delà du simple dépistage visuel, l’objectif de ces interventions est profond. « C’est une sensation formidable de pouvoir permettre au patient de voir « 20/20 » pour la télévision ou la lecture, ou d’aider un patient à résoudre sa vision doublée », confie Linda. Mais la satisfaction va plus loin : « C’est d’autant plus gratifiant de savoir qu’améliorer la vision, c’est donner accès à la communication et à un sentiment d’appartenance au monde extérieur. Une bonne vision peut signifier conserver sa mobilité et son indépendance. Pour mes patients confinés à la maison, c’est tout. Et les voir être aussi excités que moi, c’est vraiment sympa. »
Entre vie professionnelle et vie familiale
Le retour au bureau à domicile, à 17h00, marque le début du rangement : déballage du matériel, préparation des nouvelles commandes de lunettes et recharge des appareils électroniques.
À 17h30, le rôle de parent reprend le dessus. Le dîner est préparé, et c’est le moment pour chacun de partager les expériences de sa journée. Parfois, un dîner réconfortant préparé par son conjoint l’attend déjà, une aide précieuse « de super-papa ».
À 18h30, le « quart de nuit » commence, cette période familière à tous les parents fatigués : rangement de la cuisine, nettoyage des boîtes à lunch et des sacs, ramassage des jouets éparpillés et un petit coup d’aspirateur.
À 19h30, la famille se retrouve pour des moments privilégiés : jeux de société, aide aux devoirs ou, avec un peu de chance, un épisode de télévision. La soirée se prolonge avec la difficile mais nécessaire mission de coucher les enfants à l’heure.
Enfin, à 21h00, le couple peut enfin échanger sur leur journée, rattrapant les nouvelles et partageant leurs expériences.
À 22h00, place à la créativité dans le calme du soir. C’est le moment propice pour laisser germer de nouvelles idées, ranger ou simplement profiter d’un instant de sérénité avant le repos.