Publié le 31 octobre 2025. Les données de Medicare révèlent une explosion des procédures de thrombectomie pour traiter les caillots sanguins, artériels et veineux, entre 2017 et 2022. Cette hausse significative soulève des questions sur l’évolution des pratiques médicales et la répartition des spécialités.
- Une augmentation de 712 % des thrombectomies artérielles (TA) pour embolie pulmonaire (EP) et de 137 % des thrombectomies veineuses (TV) pour thrombose veineuse profonde (TVP) a été constatée.
- La radiologie interventionnelle (RI) confirme sa place prépondérante dans le traitement de la TVP, tandis que la chirurgie vasculaire domine la TA, mais la RI gagne du terrain.
- La majorité de ces interventions se déroulent en ambulatoire, une tendance positive pour le système de santé et les patients.
Une analyse approfondie des dossiers de remboursement Medicare, portant sur la période allant de janvier 2017 à décembre 2022, a mis en lumière une croissance spectaculaire des interventions de thrombectomie. Selon une étude publiée dans le *Journal du Collège américain de radiologie*, les demandes de remboursement pour les thrombectomies artérielles destinées à traiter l’embolie pulmonaire ont grimpé de 712 %. Parallèlement, celles relatives aux thrombectomies veineuses pour la thrombose veineuse profonde ont connu une augmentation de 137 % durant cette même période. La Société de radiologie interventionnelle a soutenu cette recherche.
« L’essor de la thrombectomie artérielle pour l’EP démontre que nous disposons désormais de traitements endovasculaires très sûrs, une réalité qui n’était pas celle d’il y a dix ans », a commenté Julie Bulman, MD, radiologue interventionnelle au Beth Israel Deaconess Medical Center de Boston et auteure principale de l’étude. Ces avancées technologiques et méthodologiques ont sans aucun doute contribué à rendre ces procédures plus accessibles et efficaces.
L’étude met également en évidence la répartition des spécialités médicales impliquées dans ces procédures. Dans le domaine de la thrombose veineuse profonde (TVP), la radiologie interventionnelle (RI) maintient sa position de leader, représentant 34 % des actes, suivie de près par la chirurgie vasculaire (29 %) et la cardiologie interventionnelle (20 %). En revanche, pour les thrombectomies artérielles (TA), principalement indiquées pour les maladies artérielles périphériques, la chirurgie vasculaire domine avec 41 % des interventions, devant la cardiologie interventionnelle (35 %) et la radiologie interventionnelle (17 %). Cependant, les chiffres montrent une dynamique intéressante : les demandes de RI pour la TA ont augmenté de 47 % en cinq ans, tandis que celles de la cardiologie ont diminué de 19 %, signe d’une redistribution des compétences. La chirurgie vasculaire a également vu ses demandes pour la TV augmenter de 47 %.
« Les soins endovasculaires sont véritablement un espace de collaboration, et il est essentiel de connaître les spécialités qui réalisent ces procédures afin que tous les acteurs clés puissent être impliqués », a souligné le Dr Bulman. Cette connaissance partagée est cruciale, notamment pour l’établissement de normes, de directives et de taux de remboursement équitables.
L’accès aux soins est une autre dimension importante abordée par l’étude. « Ces dispositifs peuvent être coûteux, donc si vous envisagez de proposer ce service dans votre établissement, un partenariat avec d’autres spécialistes endovasculaires de votre hôpital peut grandement faciliter la défense de ces nouvelles technologies », a-t-elle ajouté.
La majorité des procédures réalisées en ambulatoire
Les données relatives aux lieux de réalisation des interventions sont particulièrement révélatrices. Les établissements hospitaliers ambulatoires demeurent le cadre privilégié pour ces traitements, accueillant 76 % des TA et 78 % des TV. Bien que les cabinets médicaux développent leurs propres plateaux techniques pour ces interventions, ils ne représentent encore que 5 % des actes.
« Maintenir les patients en dehors des structures hospitalières est bénéfique à la fois pour le système et pour le patient », a précisé le Dr Bulman. Cette transition du soin hospitalier vers l’ambulatoire est en partie due à l’amélioration des techniques d’anticoagulation dans les situations d’urgence, permettant aux patients de bénéficier d’un suivi ambulatoire et d’interventions si les traitements anticoagulants et non chirurgicaux s’avèrent insuffisants.
Consultez l’analyse complète sur jacr.org.
À propos de la Société de radiologie interventionnelle
La Society of Interventional Radiology (SIR) est une société médicale professionnelle à but non lucratif représentant plus de 8 000 médecins, internes, étudiants, scientifiques et cliniciens associés en radiologie interventionnelle. Ses membres se consacrent à l’amélioration des soins aux patients grâce au potentiel des thérapies guidées par l’image. La SIR encourage la collaboration entre professionnels de divers horizons et niveaux d’expérience. Pour plus d’informations, visitez sirweb.org.