Publié le 12 octobre 2025. Une nouvelle approche pour traiter la schizophrénie, maladie mentale débutant souvent à l’adolescence, se profile grâce à une étude de l’Université Case Western Reserve. Les chercheurs proposent de cibler l’amélioration des compétences d’inférence sociale chez les patients, une capacité essentielle à la compréhension des interactions humaines.
- Une étude suggère de privilégier le développement des compétences d’inférence sociale pour mieux traiter la schizophrénie précoce.
- Cette approche vise à aider les jeunes patients à mieux décoder les signaux sociaux, tels que le ton de la voix, le langage corporel ou le sarcasme.
- Les résultats pourraient mener à la conception de nouveaux programmes de traitement communautaires axés sur les jeunes diagnostiqués.
Jusqu’à présent, la prise en charge de la schizophrénie reposait sur des méthodes « universelles », selon Jessica Wojtalik, professeure adjointe à l’école des sciences sociales appliquées de l’université de Cleveland. « Nous avons désormais un objectif spécifique qui pourrait aider les jeunes patients à reprendre leur vie en main beaucoup plus rapidement », souligne-t-elle. La schizophrénie, une affection mentale grave altérant la pensée, les émotions et le comportement, se manifeste fréquemment à l’adolescence, période de plein développement cérébral, rappelle l’Institut national de la santé mentale. Ces troubles peuvent avoir des conséquences durables sur les relations interpersonnelles, l’apprentissage et la gestion des émotions.
Les recherches, publiées dans la revue Recherche en psychiatrie, identifient les « compétences d’inférence sociale » comme une cible thérapeutique prometteuse. Il s’agit de la capacité à « lire entre les lignes », c’est-à-dire à interpréter les intentions et les émotions cachées derrière les paroles et les expressions. L’auteur principal de l’étude, Anju Kotwani, doctorant en sciences sociales appliquées à Case Western, compare cette faculté à un « travail de détective social du cerveau ».
L’équipe a analysé les données de 102 patients aux stades précoces de la schizophrénie. Les conclusions indiquent que la cognition sociale, soit la faculté du cerveau à comprendre et à réagir aux indices sociaux, fait le lien entre les fonctions cognitives de base et le fonctionnement quotidien. Les chercheurs suggèrent que des programmes de formation utilisant des jeux informatiques structurés ou des exercices guidés, axés sur le renforcement de ces compétences, pourraient se montrer plus efficaces que les méthodes traditionnelles se concentrant uniquement sur la mémoire ou l’attention.
Cette nouvelle voie de recherche ouvre la perspective de programmes de traitement communautaires mieux adaptés aux jeunes atteints de schizophrénie nouvellement diagnostiqués. « Aborder à la fois les capacités de réflexion et la compréhension sociale offre le meilleur espoir de guérison fonctionnelle au début de la schizophrénie », conclut Anju Kotwani.
Pour en savoir plus sur la schizophrénie, vous pouvez consulter les informations proposées par la clinique Mayo.