Publié le 25 février 2026 11:10:00. Une nouvelle approche de la stimulation magnétique transcrânienne (TMS), plus rapide et concentrée, pourrait offrir un soulagement significatif aux patients souffrant de dépression résistante aux traitements traditionnels, en réduisant considérablement la durée des séances.
- Une étude de l’UCLA Health a démontré que le protocole TMS « 5×5 » (cinq séances par jour pendant cinq jours) est aussi efficace que le traitement standard sur six à huit semaines.
- Les patients ayant suivi le protocole accéléré ont montré une amélioration significative, parfois retardée de deux à quatre semaines, avec une réduction moyenne des scores de dépression de 36 %.
- La TMS est largement remboursée par les assurances, rendant ce traitement accessible à de nombreux patients.
Pour les personnes dont la dépression ne répond pas aux antidépresseurs classiques, la stimulation magnétique transcrânienne (TMS) représente une alternative thérapeutique de plus en plus reconnue. Cette technique non invasive utilise des impulsions magnétiques pour stimuler des zones spécifiques du cerveau impliquées dans la régulation de l’humeur. Traditionnellement, le traitement TMS exigeait des visites quotidiennes en clinique pendant plusieurs semaines, un engagement de temps qui pouvait s’avérer difficile pour les patients conciliant vie professionnelle, familiale ou contraints par des problèmes de santé.
Des études à grande échelle ont montré que la TMS permet de réduire significativement les symptômes de la dépression chez 60 à 70 % des patients, avec un taux de rémission observé chez 25 à 35 % d’entre eux. La plupart des régimes d’assurance couvrent les coûts du traitement, facilitant ainsi l’accès à cette option pour les patients éligibles.
Récemment, des chercheurs de UCLA Health ont exploré la possibilité de raccourcir considérablement la durée du traitement TMS. Leur approche, baptisée « 5×5 », consiste en cinq séances quotidiennes pendant cinq jours consécutifs. L’objectif était de déterminer si cette compression du calendrier pouvait maintenir un niveau d’efficacité comparable à celui du protocole standard.
Les résultats, publiés dans le Journal des troubles affectifs, ont porté sur 175 patients souffrant de dépression résistante au traitement. Parmi eux, 135 ont reçu le traitement standard (une séance par jour, cinq jours par semaine, pendant six semaines), tandis que 40 ont bénéficié du protocole accéléré. Les deux groupes ont présenté une réduction significative des symptômes dépressifs, sans différence statistiquement significative entre les deux approches.
« Pour les patients souffrant de dépression résistante au traitement, se rendre à la clinique tous les jours de la semaine pendant au moins six semaines peut être un véritable obstacle »,
Michael Apostol, étudiant au doctorat, Institut Semel de l’UCLA pour les neurosciences et le comportement humain
Une observation particulièrement intéressante concerne les patients du groupe « 5×5 » qui n’ont pas immédiatement manifesté d’amélioration après la fin de leur traitement. Lors d’un suivi effectué deux à quatre semaines plus tard, ces patients ont présenté une amélioration substantielle, avec une diminution moyenne de 36 % de leurs scores de dépression. Cela suggère que l’évaluation de l’efficacité du TMS accéléré juste après la période de cinq jours pourrait ne pas refléter l’ensemble des bénéfices potentiels.
« Tous les patients de cette étude n’avaient pas bénéficié de plusieurs essais de médicaments antidépresseurs, mais ils ont obtenu un grand bénéfice du traitement 5×5. Certains patients doivent attendre quelques jours ou quelques semaines pour constater des bénéfices, et nous les encourageons à ne pas abandonner trop rapidement s’ils ne se sentent pas mieux immédiatement »,
Dr Andrew Leuchter, professeur distingué et directeur du service TMS du département de psychiatrie et des sciences biocomportementales de l’UCLA
Bien que le protocole accéléré ait donné des résultats encourageants, le traitement standard de six semaines a montré de meilleurs résultats sur certains critères à long terme. Les chercheurs soulignent également qu’il s’agissait d’une étude non randomisée, ce qui signifie que les participants n’ont pas été répartis aléatoirement dans les différents groupes de traitement. Des études plus vastes et rigoureusement contrôlées seront nécessaires pour confirmer ces premiers résultats.
Au-delà de la dépression, les scientifiques de l’UCLA étudient actuellement l’utilisation de la TMS pour traiter d’autres affections, telles que le trouble obsessionnel-compulsif et la douleur chronique. À mesure que la recherche progresse, la TMS pourrait jouer un rôle de plus en plus important dans la prochaine génération de traitements cérébraux pour la santé mentale.