Publié le 23 février 2026 07:38:00. Le Zimbabwe a lancé un programme novateur de prévention du VIH en déployant le lénacapavir, un médicament injectable à longue durée d’action administré deux fois par an, faisant du pays l’un des premiers au monde à proposer cette option.
- Le Zimbabwe est l’un des premiers pays africains à introduire le lénacapavir, une prophylaxie pré-exposition (PrEP) injectable semestrielle contre le VIH.
- Le programme cible initialement 46 000 personnes à haut risque dans 24 sites à travers le pays.
- Cette initiative s’inscrit dans une stratégie globale de prévention du VIH qui combine différentes approches pour réduire les nouvelles infections.
Le Zimbabwe a franchi une étape importante dans sa lutte contre le VIH en commençant à distribuer le lénacapavir, un nouveau médicament injectable qui offre une alternative pratique aux pilules quotidiennes. Le déploiement, qui a débuté le 19 février 2026 à Epworth, un quartier défavorisé situé à environ 20 kilomètres au sud de la capitale Harare, vise à freiner la propagation du virus dans un pays où l’épidémie a fait des ravages.
Lors du lancement, le ministre zimbabwéen de la Santé et de la Protection de l’enfance, Douglas Mombeshora, a souligné que ce programme, financé par le gouvernement américain et le Fonds mondial, s’adressera en priorité à plus de 46 000 personnes présentant un risque élevé d’infection.
« Le lénacapavir est une option injectable à action prolongée pour la prévention du VIH et démontre notre engagement à protéger des vies et à mettre fin au VIH/SIDA en tant que menace pour la santé publique »,
Douglas Mombeshora, ministre zimbabwéen de la Santé et de la Protection de l’enfance
Malgré les efforts déployés pour lutter contre la maladie, de nouvelles infections continuent d’être signalées, en particulier chez les adolescents, les jeunes filles et les femmes, ainsi que chez d’autres populations vulnérables. Le ministre a insisté sur le fait que la prévention doit s’adapter aux réalités de la vie quotidienne, reconnaissant que l’observance thérapeutique peut être difficile et que la stigmatisation peut entraver l’accès aux soins.
Le chef de mission adjoint de l’ambassade américaine à Harare, Phil Nervig, a mis en avant l’importance de cette innovation américaine.
« LEN (lénacapavir) est une innovation révolutionnaire en matière de prévention du VIH développée par des scientifiques américains de Gilead Sciences – conçue pour rendre la protection contre le VIH plus simple, plus privée et plus facile à suivre avec seulement deux doses tous les six mois »,
Phil Nervig, chef de mission adjoint de l’ambassade américaine à Harare
Le Zimbabwe figure parmi les neuf pays sélectionnés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour bénéficier rapidement de ce nouveau traitement. Le pays a été durement touché par l’épidémie de VIH/SIDA, avec un taux d’infection historiquement élevé. Les autorités sanitaires précisent que la première phase du programme ciblera les adolescentes et les jeunes femmes, les professionnels du sexe, les personnes LGBTQ+, les femmes enceintes et allaitantes, ainsi que d’autres groupes à risque.
Les autorités sanitaires zimbabwéennes ont souligné que le lénacapavir ne se substitue pas aux autres méthodes de prévention du VIH, telles que l’abstinence, la fidélité, l’utilisation de préservatifs, la PrEP orale et les injectables existants, mais vient les compléter. Owen Mugurungi, directeur de l’unité sida et tuberculose du ministère de la Santé et de la Protection de l’enfance, a rappelé que la stratégie de lutte contre le VIH au Zimbabwe repose sur une approche combinée.
« Quand je parle de prévention combinée, je veux dire qu’un seul outil pourrait ne pas suffire à prévenir l’acquisition du VIH »,
Owen Mugurungi, directeur de l’unité sida et tuberculose du ministère de la Santé et de la Protection de l’enfance
Le Zimbabwe a introduit la PrEP orale en 2016, l’anneau vaginal dapivirine en 2021 et le cabotégravir injectable à action prolongée en 2024. Le lénacapavir vient donc enrichir l’arsenal de prévention du pays.
Bernard Madzima, directeur général du Conseil national du sida, a souligné l’importance de ce nouveau médicament, en particulier pour les jeunes femmes, souvent confrontées à des difficultés pour négocier des rapports sexuels protégés. Le révérend Maxwell Kapachawo, un militant contre le VIH/SIDA qui a révélé publiquement son statut séropositif en 2005, s’est félicité de cette initiative, estimant que le Zimbabwe a fait preuve d’efficacité dans sa lutte contre le VIH/SIDA et qu’il peut encore progresser.
Le Zimbabwe ambitionne de mettre fin au sida d’ici 2030, et a déjà réalisé des progrès significatifs en atteignant les objectifs 95-95-95 fixés par ONUSIDA. La pandémie de VIH/SIDA a causé la mort de plus de 44 millions de personnes depuis le début des années 1980, principalement en Afrique, où se concentrent environ 67 % des personnes vivant avec le VIH.