Publié le 22 février 2026 03:00:00. Une nouvelle espèce de dinosaure spinosauridé, Spinosaurus mirabilis, a été découverte au Niger, révélant des adaptations remarquables à un régime piscivore et remettant en question les théories sur l’habitat de ces prédateurs.
- L’équipe du paléontologue Paul Sereno a mis au jour une crête dorsale inhabituellement grande et colorée chez cette nouvelle espèce.
- La découverte de Spinosaurus mirabilis à l’intérieur des terres, à des centaines de kilomètres du littoral, suggère que les spinosauridés n’étaient pas exclusivement aquatiques.
- L’anatomie dentaire de ce dinosaure confirme son adaptation à la capture de poissons.
La découverte de fossiles de dinosaures spinosauridés continue d’enrichir notre compréhension de la diversité de ces prédateurs du passé. Une étude récente, publiée dans la revue Science, présente une analyse détaillée des caractéristiques anatomiques et de l’évolution de ces animaux énigmatiques. L’étude, intitulée « Une espèce de Spinosaurus à crête saharienne capte le rayonnement des spinosauridés par étapes », met en lumière une nouvelle espèce, Spinosaurus mirabilis, identifiée grâce à des fossiles découverts au Niger.
Une équipe de 20 chercheurs, dirigée par Paul Sereno, professeur de biologie et d’anatomie des organismes à l’Université de Chicago, a mené des fouilles dans une zone isolée du Sahara central. C’est en novembre 2019 que l’équipe a initialement découvert des fragments de mâchoire et de crête. Cependant, ce n’est qu’en 2022, après la découverte de deux crêtes supplémentaires lors d’une expédition plus importante, qu’ils ont réalisé qu’il s’agissait d’une espèce jusqu’alors inconnue.
La particularité la plus frappante de S. mirabilis est sa crête dorsale. Celle-ci est exceptionnellement grande et incurvée. Les paléontologues ont d’abord eu du mal à identifier sa nature. L’analyse de la texture de sa surface et de la présence de canaux vasculaires suggère qu’elle était recouverte de kératine et probablement colorée de manière vive, servant de signal visuel distinctif, évoquant une lame dressée.
L’anatomie crânienne de Spinosaurus mirabilis présente également des caractéristiques remarquables. La disposition alternée des dents supérieures et inférieures forme un piège efficace pour les poissons, témoignant d’une adaptation poussée à la pêche. Des structures similaires se retrouvent chez d’autres animaux piscivores, tels que les ichtyosaures, les crocodiles et les ptérosaures, mais cette caractéristique est particulièrement prononcée chez les spinosauridés, les distinguant comme des chasseurs de poissons hautement spécialisés.
Cette découverte remet en question les hypothèses précédentes concernant l’habitat des spinosauridés. Jusqu’à présent, leurs fossiles étaient principalement retrouvés dans des dépôts côtiers. Certains scientifiques avaient émis l’hypothèse qu’ils étaient entièrement aquatiques, chassant leurs proies dans l’eau. Or, les fossiles de Spinosaurus mirabilis ont été découverts à l’intérieur des terres, à environ 500 à 1 000 km du littoral le plus proche. La présence de squelettes partiels de dinosaures à long cou dans les mêmes sédiments fluviaux suggère que ces animaux vivaient dans des habitats forestiers traversés par des rivières.
La découverte de Spinosaurus mirabilis enrichit considérablement le patrimoine paléontologique et archéologique du Niger, confirmant l’importance de ce pays comme site majeur pour la recherche sur les dinosaures.