Home Santé Une nouvelle étude britannique historique combinera technologie portable et biomarqueurs pour améliorer la recherche en nutrition

Une nouvelle étude britannique historique combinera technologie portable et biomarqueurs pour améliorer la recherche en nutrition

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Publié le 2024-02-29 14:35:00. Des chercheurs britanniques lancent une étude innovante pour améliorer la fiabilité de la collecte de données sur les habitudes alimentaires, en utilisant une combinaison de technologies de pointe et d’auto-évaluation, afin de mieux lutter contre les maladies liées à l’alimentation.

  • Une étude impliquant 133 adultes au Royaume-Uni utilisera caméras portables, analyses sanguines et urinaires, et applications mobiles pour suivre précisément ce que les gens mangent.
  • L’objectif est de pallier les limites des méthodes traditionnelles, basées sur la mémoire des participants, souvent peu fiables.
  • Le projet, financé à hauteur de 2,5 millions de livres sterling (3,4 millions de dollars américains), s’inscrit dans une recherche plus large sur l’impact de l’alimentation sur la santé publique.

Les scientifiques s’efforcent depuis longtemps de trouver des moyens plus précis d’enregistrer les régimes alimentaires de la population. Les méthodes actuelles, reposant principalement sur des questionnaires de rappel alimentaires, sont souvent imprécises et peuvent biaiser les résultats. Une nouvelle étude, menée par l’Université d’Aberystwyth et ses partenaires, propose une approche révolutionnaire pour surmonter ces obstacles.

L’équipe de recherche recrute actuellement 133 adultes à travers le Royaume-Uni pour participer à un programme de cinq semaines. Les participants seront équipés de caméras portables pour enregistrer leur consommation alimentaire, et devront fournir régulièrement des échantillons de sang et d’urine. Ces échantillons seront analysés pour déterminer précisément les nutriments et les métabolites présents dans leur organisme, offrant ainsi une image objective de leur alimentation.

En parallèle, les participants utiliseront des applications mobiles pour compléter leurs journaux alimentaires, en indiquant ce qu’ils ont mangé et bu. L’objectif est de comparer les données issues de ces différentes sources – caméras, analyses biologiques et auto-évaluation – afin d’identifier la combinaison d’outils la plus fiable pour étudier les habitudes alimentaires dans la vie réelle.

« L’un des défis majeurs pour les chercheurs en nutrition est d’obtenir une image fidèle de ce que les gens mangent réellement »,

Dr Manfred Beckmann, chercheur principal au Département des sciences de la vie de l’Université d’Aberystwyth

Le Dr Beckmann souligne que la mémoire humaine est souvent défaillante et que les gens ont tendance à modifier leur comportement lorsqu’ils savent qu’ils sont observés. Les données objectives fournies par les analyses sanguines et urinaires devraient permettre de contourner ces biais.

Cette nouvelle méthodologie vise à fournir aux gouvernements et aux décideurs politiques des informations plus précises pour évaluer l’efficacité des politiques de santé publique et élaborer des recommandations diététiques plus pertinentes. Les résultats de l’étude devraient également aider à mieux comprendre le lien entre l’alimentation et les maladies chroniques, telles que le diabète de type 2, les maladies cardiaques et certains cancers.

L’étude s’inscrit dans un projet de recherche plus vaste, d’une durée de cinq ans, mené en collaboration avec l’Université de Reading, l’Université de Cambridge et l’Imperial College de Londres. Le Dr Amanda Lloyd, également du Département des sciences de la vie de l’Université d’Aberystwyth, explique que l’utilisation d’échantillons d’urine et de sang permet d’identifier des « marqueurs » objectifs de la consommation alimentaire.

« Nous avons déjà testé notre approche dans des environnements de laboratoire contrôlés, mais nous allons maintenant évaluer son efficacité dans des conditions réelles, au domicile des participants. »

Dr Amanda Lloyd, Département des sciences de la vie de l’Université d’Aberystwyth

Les premiers résultats de cette recherche ont été publiés dans la revue Nature Food, et ont fait l’objet d’une interview du Dr Thomas Wilson, co-auteur de l’étude, par Nutrition Insight.

Le projet est financé par une subvention de 2,5 millions de livres sterling (3,4 millions de dollars américains) du Conseil de recherche médicale du Royaume-Uni et du Conseil de recherche en biotechnologie et en sciences biologiques.

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