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Une nouvelle étude canadienne révèle où le VIH se cache dans différentes parties du corps

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Publié le 2025-10-06 17:29:00. Des chercheurs canadiens ont percé un nouveau secret du VIH : le virus s’intègre à l’ADN des cellules hôtes de manière spécifique à chaque tissu, expliquant ainsi sa persistance tenace et la difficulté de le guérir.

  • Le VIH utilise des stratégies d’intégration à l’ADN distinctes dans le cerveau, le sang et le tube digestif.
  • Cette spécificité tissulaire contribue à la longévité du virus dans le corps et à la formation de réservoirs d’infection.
  • Les découvertes, basées sur des échantillons historiques, ouvrent la voie à des approches thérapeutiques plus ciblées.

Une avancée majeure dans la compréhension du VIH est révélée par une étude conjointe de chercheurs de l’Université Western et de l’Université de Calgary. Le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) ne s’intègre pas de manière aléatoire dans le génome des cellules infectées. Au contraire, il semble adopter des stratégies spécifiques à chaque tissu de l’organisme, utilisant des schémas d’intégration uniques dans des zones comme le cerveau, le sang ou encore le système digestif. Cette découverte, publiée dans la prestigieuse revue Nature Communications Medicine, éclaire les raisons pour lesquelles le VIH est si résistant à l’élimination complète, persistant parfois pendant des décennies malgré un traitement.

Dirigée par Stephen Barr, professeur de microbiologie et d’immunologie à la Schulich School of Medicine & Dentistry de Western, et Guido Van Marle de la Cumming School of Medicine de l’Université de Calgary, l’étude révèle que le virus adapte son camouflage génétique. Dans le cerveau, par exemple, le VIH tendrait à s’intégrer dans des régions de l’ADN moins actives, évitant ainsi les zones génétiques cruciales.

« Nous avons découvert que le VIH ne s’intègre pas au hasard. Au lieu de cela, il suit des modèles uniques dans différents tissus, potentiellement façonnés par l’environnement local et les réponses immunitaires », explique Stephen Barr. « Cela contribue à expliquer comment le VIH parvient à persister dans le corps pendant des décennies et pourquoi certains tissus peuvent agir comme des réservoirs d’infection. »

Pour mener à bien cette recherche, l’équipe a eu recours à des échantillons tissulaires particulièrement précieux, collectés auprès de personnes infectées par le VIH au début de l’épidémie, vers 1993, avant l’avènement des traitements antirétroviraux modernes. Cette approche rétrospective a offert une opportunité unique d’observer le comportement naturel du virus sur différents organes au sein des mêmes individus.

« Notre étude est un puissant exemple de la façon dont nous pouvons apprendre des échantillons historiques pour mieux comprendre un virus qui continue d’affecter des dizaines de millions de personnes dans le monde. »

Stephen Barr, Professeur de microbiologie et d’immunologie, Schulich School of Medicine & Dentistry de Western

Les chercheurs tiennent à souligner la contribution inestimable des volontaires qui ont participé à ces études pionnières à une époque marquée par l’incertitude, la stigmatisation et des options thérapeutiques limitées. « Leur volonté de contribuer des échantillons, à une époque de stigmatisation, de peur et avec des options de traitement limitées, était un acte de bravoure, de prévoyance et de générosité qui continue de faire progresser la compréhension scientifique du VIH et de sauver des vies aujourd’hui », affirme Guido Van Marle.

Vers de nouvelles stratégies thérapeutiques

Dans le cadre de cette nouvelle approche canadienne, l’équipe a analysé des échantillons historiques prélevés dans l’œsophage, le sang, l’estomac, l’intestin grêle et le côlon. En comparant ces données avec des échantillons cérébraux, les chercheurs ont évalué la fréquence d’intégration du virus dans des régions spécifiques du génome et analysé les schémas d’intégration dans divers tissus.

« Savoir où le virus se cache dans nos génomes nous aidera à identifier des moyens de cibler ces cellules et ces tissus avec des approches thérapeutiques ciblées, soit en éliminant ces cellules, soit en « faisant taire » le virus », précise Guido Van Marle.

Cette recherche, fruit d’une collaboration de longue date entre Western, l’Université de Calgary, la Southern Alberta HIV Clinic et l’Université de l’Alberta, a été soutenue par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et leur programme national de recherche et développement en santé. « Des études comme celle-ci sont très collaboratives et possibles lorsque beaucoup d’entre nous travaillent ensemble », conclut Stephen Barr.

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