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Une nouvelle étude établit un lien entre la sclérose systémique et un risque plus élevé de cancer

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Publié le 2025-10-25 11:30:00. Une vaste étude internationale met en lumière un risque accru de développer un cancer chez les patients atteints de sclérose systémique (ScS). Cette prédisposition varie significativement en fonction de certains marqueurs immunitaires spécifiques.

  • Les patients souffrant de sclérose systémique présentent un risque de cancer supérieur de 17 % par rapport à la population générale.
  • Le risque de cancers du sang est particulièrement élevé, augmentant de près de 70 %, avec une incidence multipliée par plus de deux pour le myélome multiple et les syndromes myélodysplasiques.
  • L’identification de certains auto-anticorps permet de mieux stratifier ce risque, orientant ainsi les stratégies de dépistage.

Publiée récemment, une étude d’envergure internationale révèle un lien préoccupant entre la sclérose systémique (ScS), une maladie auto-immune rare, et une susceptibilité accrue au développement de cancers. Analysant les données médicales de plus de 66 000 adultes atteints de ScS entre 2014 et 2024, les chercheurs ont comparé leur situation à celle d’un groupe témoin de personnes présentant des kératoses séborrhéiques, des excroissances cutanées bénignes. Cette recherche multicentrique, s’appuyant sur les dossiers médicaux électroniques de 128 établissements de santé à travers le monde, offre une évaluation détaillée des profils de malignité associés à cette pathologie.

Sur une période de suivi de cinq ans, il ressort que les individus atteints de sclérose systémique font face à un risque global de cancer supérieur de 17 %. Les cancers hématologiques se distinguent par une augmentation du risque de près de 70 %. Plus spécifiquement, les cas de myélome multiple et de syndromes myélodysplasiques sont apparus plus de deux fois plus fréquents chez les patients atteints de ScS par rapport au groupe de comparaison. Les cancers affectant les organes solides ne sont pas en reste, présentant un rapport de risque moyen de 1,23. Le cancer de l’œsophage se révèle être le plus fortement associé, avec un risque quasi multiplié par quatre, suivi du cancer du poumon, dont la probabilité est plus que doublée chez les patients concernés.

Un élément clé de cette étude réside dans la mise en évidence que le risque oncologique n’est pas homogène parmi les patients atteints de ScS. Il s’avère modulé par la présence d’auto-anticorps spécifiques. Les individus testés positifs pour l’anticorps anti-Scl-70 voient leur risque global de cancer augmenter de 40 %. Pour ceux présentant des anticorps anti-ARN polymérase III, la prédisposition aux cancers hématologiques est particulièrement marquée, avec un risque plus que doublé. En revanche, aucune élévation significative du risque n’a été constatée chez les patients dont les tests révèlent la présence d’anticorps anti-centromère.

Ces découvertes soulignent l’interaction complexe entre la dérégulation du système immunitaire et la vulnérabilité au cancer dans le cadre de la sclérose systémique. Les auteurs de l’étude suggèrent que les cliniciens devraient envisager d’adapter les protocoles de dépistage du cancer. Une approche personnalisée, prenant en compte le profil des auto-anticorps d’un patient, permettrait d’identifier plus précocement les personnes à risque accru et d’améliorer ainsi leur pronostic.

Référence :
Mahajan A et coll. « Distinct cancer risk profiles in systemic sclerosis patients with autoantibody stratification ».

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