Publié le 10 février 2026 21:29:00. Une étude internationale d’envergure révèle qu’un enfant sur vingt pourrait développer une allergie alimentaire avant l’âge de six ans, mettant en lumière une multitude de facteurs de risque, allant des antécédents familiaux à l’utilisation précoce d’antibiotiques.
- Jusqu’à 5 % des enfants américains présentent des allergies alimentaires avant l’âge de six ans.
- L’asthme, l’eczéma, l’utilisation d’antibiotiques dans le premier mois de vie et l’origine ethnique sont parmi les facteurs de risque identifiés.
- L’introduction précoce des aliments allergènes entre 4 et 6 mois pourrait contribuer à prévenir le développement de ces allergies.
Une nouvelle étude, publiée dans la revue JAMA Pediatrics, a analysé 190 études portant sur plus de 2,7 millions d’enfants issus de 40 pays afin d’identifier les facteurs de risque associés aux allergies alimentaires. Les résultats soulignent la complexité de ces allergies, qui ne sont pas uniquement déterminées par la génétique.
Selon les chercheurs, plusieurs éléments peuvent augmenter la probabilité qu’un enfant développe une allergie alimentaire. Parmi les facteurs de risque majeurs, on retrouve des affections allergiques préexistantes telles que l’asthme et l’eczéma, l’utilisation d’antibiotiques au cours du premier mois de vie, des antécédents familiaux d’allergies, et une introduction tardive d’aliments potentiellement allergènes comme les œufs, le poisson, les fruits et les arachides. L’étude a également mis en évidence un lien entre l’origine ethnique et le risque d’allergie, les enfants s’identifiant comme Noirs étant plus susceptibles d’en développer une. Enfin, les enfants dont les parents ont émigré avant leur naissance présentent également un risque accru.
Des facteurs de risque mineurs ont également été identifiés, notamment le sexe masculin, la naissance par césarienne, le fait d’être un enfant unique et certaines variations génétiques liées à la fonction de barrière cutanée.
Les allergènes alimentaires les plus courants chez les enfants et les bébés sont le lait, les œufs, les arachides et les crustacés, selon StatPerles, une bibliothèque en ligne de la National Library of Medicine.
« Ce que disent les chercheurs, c’est que les allergies alimentaires ne sont pas seulement génétiques, elles sont multifactorielles »,
Dr Tara Narula, correspondante médicale en chef d’ABC News
La Dre Narula, qui n’a pas participé à l’étude, souligne que l’interaction entre la génétique, l’environnement, le microbiome intestinal et la santé de la peau pourrait jouer un rôle crucial dans le développement des allergies alimentaires.
Il est important de noter que cette étude établit des associations entre les facteurs de risque et les allergies alimentaires, mais ne démontre pas de lien de causalité direct. Les experts ne sont pas encore en mesure de déterminer comment ces différents facteurs interagissent entre eux.
Les chercheurs soulignent également que la majorité des données proviennent de pays à revenu élevé, ce qui limite la généralisation des résultats à d’autres populations. De plus, toutes les études incluses dans l’analyse n’ont pas confirmé les allergies alimentaires par des tests de provocation orale, considérés comme la méthode de diagnostic la plus fiable.
Malgré ces limites, les experts insistent sur l’importance de l’introduction précoce des aliments allergènes entre 4 et 6 mois, lorsque l’enfant commence à diversifier son alimentation, afin de prévenir le développement d’allergies alimentaires.