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Une nouvelle étude montre qu’un jeu cérébral spécifique peut réduire le risque de démence

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Publié le 15 février 2024 à 09h00. Une étude américaine de longue haleine suggère qu’un entraînement cérébral ciblé peut offrir une protection durable contre la démence, ouvrant de nouvelles perspectives sur la prévention du déclin cognitif lié à l’âge.

  • Une étude de 20 ans portant sur près de 3 000 personnes âgées a révélé qu’un entraînement cognitif axé sur la vitesse réduisait le risque de démence de 25 %.
  • Les effets bénéfiques de cet entraînement semblent persister bien au-delà de la période d’apprentissage, surprenant les chercheurs.
  • Bien que non universelle, cette approche pourrait compléter d’autres stratégies de prévention de la démence, telles que la lutte contre la perte auditive et l’amélioration de la santé cardiovasculaire.

Des chercheurs américains ont mis en évidence un lien potentiel entre un entraînement cérébral spécifique et une réduction significative du risque de développer la maladie d’Alzheimer et d’autres formes de démence. Cette vaste étude, dont les résultats ont été publiés dans la revue Alzheimer & Dementia: Translational Research & Clinical Interventions, suit les participants pendant deux décennies et apporte des preuves solides sur la résilience cognitive à long terme.

L’étude, financée par les National Institutes of Health (NIH), a inclus près de 3 000 personnes âgées de 65 ans et plus, ne présentant pas de troubles cognitifs majeurs. Les participants ont été répartis aléatoirement en quatre groupes : un groupe d’entraînement à la vitesse, un groupe d’entraînement à la mémoire, un groupe d’entraînement au raisonnement et un groupe témoin. Seul le groupe ayant suivi un entraînement à la vitesse, complété par des séances de répétition, a montré une réduction du risque de démence.

Les résultats indiquent que les participants ayant bénéficié d’un entraînement cognitif basé sur la vitesse pendant jusqu’à 23 heures sur une période de trois ans présentaient un risque de démence inférieur de 25 % à ceux qui n’avaient reçu aucune formation. Ce résultat est d’autant plus remarquable que les bénéfices initiaux avaient déjà été observés après dix ans, mais la longévité de ces effets a surpris l’équipe de recherche.

« C’est très surprenant. Ce n’est pas du tout ce à quoi je m’attendais. »

Marilyn Albert, directrice du centre de recherche sur la maladie d’Alzheimer Johns Hopkins

L’entraînement à la vitesse se concentre sur l’amélioration de la capacité à traiter rapidement les informations visuelles et à prendre des décisions rapides. Les experts expliquent que cette formation repose sur un apprentissage implicite, qui stimule des systèmes cérébraux différents de ceux sollicités par la mémorisation ou la pensée logique. Selon le Dr Sanjula Singh, neurologue à Harvard, une fois que le cerveau est « reprogrammé » pour ces compétences, le changement est durable, même en l’absence d’entraînement continu.

« Une fois que le cerveau est reprogrammé pour ces compétences, le changement est permanent même sans formation continue. »

Dr Sanjula Singh, neurologue à Harvard

Il est important de souligner que les experts insistent sur le fait que l’entraînement cognitif ne constitue pas une solution miracle. La maladie d’Alzheimer est une affection complexe et multifactorielle, et aucune action isolée ne peut garantir une prévention complète. Cependant, ces résultats représentent, selon eux, les preuves les plus solides à ce jour qu’un entraînement cérébral ciblé peut renforcer la résilience cognitive à long terme.

Selon NBC News, près de la moitié des cas de démence pourraient être retardés ou atténués en agissant sur des facteurs de risque tels que la perte auditive, une mauvaise santé cardiovasculaire, les troubles de la vision et le manque d’activité physique. L’entraînement cérébral pourrait désormais s’ajouter à cette liste de mesures préventives.

Sources : NBC News, Alzheimer & Dementia: Translational Research & Clinical Interventions, National Institutes of Health.

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