Portland, Oregon, est devenu l’épicentre d’une confrontation durable entre manifestants et autorités fédérales autour de la politique d’immigration. Depuis juin 2025, des protestations quotidiennes se déroulent devant le centre de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE), dégénérant fréquemment en affrontements violents.
Le 31 janvier 2026, une marche de protestation organisée par une coalition de plus de 30 syndicats a pris une tournure dramatique. Plusieurs milliers de personnes, dont des familles et des personnes âgées, se sont rassemblées pour exprimer leur opposition aux politiques de l’ICE. À leur approche du bâtiment, des agents fédéraux ont soudainement dispersé la foule avec des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes, provoquant la panique et nécessitant l’intervention des services d’urgence de Portland.
Le département de la Sécurité intérieure (DHS) a par la suite minimisé l’incident, tandis que le maire Keith Wilson a critiqué l’intervention, déclarant que « nos courageux agents chargés de l’application des lois ont nettoyé les rues de Portland ». Cette réaction a exacerbé les tensions déjà vives.
Les manifestations à Portland ont pris une dimension nouvelle en septembre 2025, lorsque l’ancien président Trump a menacé d’envoyer la Garde nationale. Cette annonce a attiré l’attention des médias et des politiciens, mais a également encouragé l’apparition de contre-manifestants pro-ICE, venus filmer les affrontements et, dans certains cas, collaborer avec les forces de l’ordre pour identifier les manifestants.
À ce stade, le centre ICE de Portland est devenu un véritable terrain de jeu pour la production de contenu en ligne, avec des militants, des agents fédéraux et des créateurs de contenu conservateurs documentant et diffusant les événements en direct. Des images de confrontations, de déploiements de gaz lacrymogènes et de l’utilisation de matériel de protection individuelle (masques à gaz, caméras GoPro) sont devenues monnaie courante.
Les tentatives de l’administration Trump de déployer des militaires à Portland ont jusqu’à présent été bloquées par les tribunaux. Cependant, l’esprit de résistance à Portland, surnommée le « Petit Beyrouth », reste fort. Les manifestations ont connu une nouvelle intensification après les meurtres des militants Renée Good et Alex Pretti en janvier 2026 à Minneapolis, soulignant l’importance croissante de la lutte contre l’ICE à l’échelle nationale.
Les affrontements se poursuivent, avec des manifestants utilisant des carafes d’eau pour tenter d’étouffer les grenades lacrymogènes et des agents fédéraux avançant pour disperser les foules. Des cartouches de gaz usagées jonchent le sol, témoignant de l’intensité des confrontations.