Home Accueil Une unité de l’armée malgache revendique le contrôle, le président affirme qu’une prise de pouvoir est en cours

Une unité de l’armée malgache revendique le contrôle, le président affirme qu’une prise de pouvoir est en cours

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Publié le 2024-10-28 12:54:00. Une mutinerie militaire à Madagascar a marqué dimanche un tournant dans la crise politique, une unité se déclarant dépositaire de l’autorité militaire tandis que le président dénonçait une « tentative illégale de prise du pouvoir ».

  • Le contingent CAPSAT, unité administrative et technique, a annoncé prendre le contrôle de toutes les forces armées malgaches.
  • Le président Andry Rajoelina a réagi en qualifiant la situation de « tentative illégale de prise du pouvoir ».
  • Des affrontements sporadiques et une tension palpable règnent dans la capitale depuis plusieurs semaines.

La déclaration de dimanche par les officiers du CAPSAT marque une escalade significative dans le mouvement de protestation antigouvernemental qui agite Madagascar depuis plus de deux semaines. Dans une vidéo diffusée, ils ont affirmé que « désormais, tous les ordres de l’armée malgache – qu’elle soit terrestre, aérienne ou navale – proviendront du quartier général du CAPSAT ». Cette unité, basée dans le quartier Soanierana à la périphérie d’Antananarivo, a nommé le général Démosthène Pikulas à la tête de l’armée, un poste vacant depuis la nomination de l’ancien chef des armées comme ministre des Forces armées la semaine précédente. Il reste cependant incertain si cette nomination est considérée comme officielle.

La veille, samedi, des soldats du CAPSAT avaient rejoint des milliers de manifestants dans le centre-ville, provoquant des heurts avec la gendarmerie devant une caserne. La population, dans un élan de liesse, avait accueilli ces militaires et scandé des appels à la démission du président Rajoelina. Cette unité avait déjà fait savoir qu’elle « refuserait les ordres de tirer » et critiqué la gendarmerie pour des « tactiques brutales » contre les protestataires ayant causé plusieurs décès.

Face à cette situation, le président Andry Rajoelina a publié un communiqué dimanche dénonçant une « tentative de prise du pouvoir illégalement et par la force, contraire à la Constitution et aux principes démocratiques ». Il a réaffirmé que « le dialogue est la seule voie à suivre et la seule solution à la crise à laquelle le pays est actuellement confronté », plaidant pour « l’unité ».

Les forces de gendarmerie ont, de leur côté, reconnu des « fautes et des excès lors de nos interventions » dans une déclaration vidéo, appelant à la « fraternité » entre les différentes composantes des forces de défense. Elles ont assuré être là pour « protéger, pas pour terroriser » et que « désormais, tous les ordres viendront uniquement » de la préfecture de gendarmerie.

Le mouvement de protestation, initié le 25 septembre, a été déclenché par la colère face aux pénuries d’électricité et d’eau. La manifestation de samedi a été l’une des plus importantes depuis le début des contestations. Le gouvernement avait assuré samedi soir que le président Rajoelina demeurait « dans le pays » et continuait de gérer les affaires nationales. Le nouveau Premier ministre avait également affirmé que le gouvernement était « debout fort » et « prêt à collaborer et à écouter ».

Le contexte actuel rappelle la mutinerie menée en 2009 par la même base militaire du CAPSAT, qui avait soutenu le soulèvement populaire ayant porté Andry Rajoelina au pouvoir. La situation a suscité une « profonde préoccupation » de la Commission de l’Union africaine, qui exhorte toutes les parties à faire preuve de « calme et de retenue ». L’Afrique du Sud voisine a également appelé au respect du « processus démocratique et de l’ordre constitutionnel ».

Selon les Nations Unies, au moins 22 personnes ont trouvé la mort depuis le début des manifestations le 25 septembre, certaines victimes des forces de sécurité, d’autres des violences perpétrées par des gangs criminels et des pilleurs. Le président Rajoelina a contesté ce bilan, affirmant la semaine dernière que « 12 décès [étaient] confirmés et que tous ces individus étaient des pilleurs et des vandales ». Des sources médiatiques locales rapportent, pour samedi, deux morts supplémentaires et 26 blessés. L’unité CAPSAT a par ailleurs indiqué qu’un de ses militaires avait été abattu par des gendarmes.

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