Publié le 9 février 2026 à 04h10. Une vaste étude suédoise apporte des éléments rassurants quant à l’impact de la vaccination contre la COVID-19 sur la fertilité, démystifiant ainsi les inquiétudes persistantes concernant une possible baisse de la natalité.
- Une étude menée sur près de 60 000 femmes en Suède n’a révélé aucune association significative entre la vaccination contre la COVID-19 et les taux de natalité.
- Les chercheurs ont également constaté l’absence de lien entre la vaccination et le nombre de fausses couches.
- Les résultats suggèrent que la diminution des naissances observée pendant la pandémie est plus probablement liée à des facteurs socio-économiques et à des changements de comportement.
Des allégations infondées circulant notamment sur les réseaux sociaux ont laissé entendre que les vaccins contre la COVID-19 pourraient affecter la fertilité, notamment en raison de la technologie de l’ARN messager (ARNm) et de la production d’anticorps contre une protéine placentaire. Plus tard, une baisse des naissances constatée pendant la pandémie a alimenté ces spéculations. Cependant, les études épidémiologiques antérieures n’avaient pas confirmé ces craintes.
Pour apporter une réponse plus précise, des chercheurs ont analysé les données de près de 59 773 femmes âgées de 18 à 45 ans résidant dans le comté de Jönköping en Suède, sur la période allant de 2016 à 2024. Les informations concernant les grossesses, les vaccinations, les fausses couches et les décès ont été extraites des registres de santé régionaux. La vaccination contre la COVID-19 a été rendue accessible à tous les résidents de plus de 18 ans en janvier 2021, avec une offre initiale de deux doses de Comirnaty, Vaxzevria ou Spikevax, suivie de doses de rappel à partir de septembre 2021.
L’étude a utilisé des modèles statistiques sophistiqués pour évaluer l’association entre la vaccination et les naissances, en tenant compte de la vaccination comme une exposition variable dans le temps. Les résultats ont révélé une diminution globale des naissances entre 2021 et 2024 (8 % en 2022, 4 % en 2023 et 3 % en 2024), mais n’ont pas mis en évidence de lien avec la vaccination. Environ 10 % des participantes ont accouché avant de recevoir une dose de rappel, et près d’une femme sur cent a subi une fausse couche pendant la période d’étude.
Les analyses de sensibilité, incluant une durée de grossesse plus courte, n’ont pas modifié ces conclusions. Les chercheurs soulignent que les baisses observées des naissances sont plus probablement liées à des changements de comportement liés aux confinements, aux conditions socio-économiques défavorables et aux évolutions des intentions de fécondité observées au niveau international pendant la pandémie.
Ils rappellent également que la Suède a connu une augmentation des taux de natalité dans les années 1980, suivie d’une baisse dans les années 1990, en raison d’une réduction du soutien social aux familles et de difficultés financières publiques. De plus, l’âge médian des parents des enfants nés entre 2021 et 2024 étant de 31 ans, la population potentielle de futurs parents était déjà en déclin en raison des tendances démographiques antérieures.
Les auteurs de l’étude, publiée dans la revue Communication Medicine, précisent que l’utilisation des registres d’accouchement pour identifier les grossesses peut introduire un biais de sélection, en particulier pour les fausses couches précoces qui ne sont pas toujours enregistrées dans les dossiers de santé.