Mis à jour le 9 février 2026 à 12h04. Une nouvelle génération de patchs bioadhésifs pourrait révolutionner le traitement du glioblastome, une forme particulièrement agressive de cancer du cerveau, en éliminant jusqu’à 90 % des cellules tumorales résiduelles après la chirurgie.
- Un patch bioadhésif, inspiré de l’adhérence des moules, permet une libération locale de substances actives directement sur la zone opérée.
- Des tests en laboratoire ont démontré l’efficacité de la catéchine, un polyphénol présent dans le thé vert, pour détruire les cellules de glioblastome.
- Cette approche promet de réduire les risques de rechute et d’améliorer le pronostic des patients atteints de cette maladie complexe.
Le glioblastome, la tumeur cérébrale primaire la plus fréquente et la plus agressive, représente un défi majeur pour la communauté médicale. Sa croissance rapide et sa capacité à s’infiltrer dans les tissus cérébraux rendent son éradication particulièrement difficile. Malgré les traitements standards combinant chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie, les rechutes sont fréquentes, survenant généralement dans l’année suivant le diagnostic. L’élimination des cellules tumorales restantes après l’intervention chirurgicale est donc un enjeu crucial.
Une équipe de chercheurs de l’Universitat Autònoma de Barcelona (UAB), plus précisément du Département de Biochimie et Biologie Moléculaire et de l’Institut de Neurosciences, a développé une approche innovante pour répondre à ce défi. Publiée dans la revue Science avancée, leur étude décrit la conception et les tests de membranes bioadhésives destinées à être appliquées directement sur la zone où la tumeur a été retirée. L’objectif est d’agir localement sur les cellules cancéreuses persistantes.
L’inspiration derrière ces membranes réside dans le mécanisme d’adhérence des moules aux surfaces humides. Ces organismes marins utilisent des molécules de type polyphénol pour s’ancrer solidement. Les chercheurs ont reproduit ce principe en concevant un matériau capable de s’attacher fermement au tissu cérébral humide et de libérer progressivement la substance active. Parmi les différentes variantes testées, la membrane contenant de la catéchine s’est avérée la plus performante.
Les résultats des expériences sont encourageants : ce matériau a permis d’éliminer environ 90 % des cellules malignes. Cet effet est attribué aux fortes propriétés oxydantes de la catéchine, qui augmentent le niveau d’espèces réactives de l’oxygène, des molécules instables capables d’induire la mort cellulaire. Les chercheurs soulignent que l’administration orale de catéchine peut entraîner des effets secondaires indésirables, mais que l’application locale, directement sur la zone opérée, permet une action ciblée et minimise les risques de réactions indésirables.
Au-delà de son efficacité antitumorale, le matériau développé présente également des propriétés antimicrobiennes élevées et une bonne biocompatibilité, ce qui pourrait contribuer à prévenir les infections et favoriser une cicatrisation optimale de la plaie chirurgicale. De plus, le faible coût de production et la simplicité du processus de fabrication constituent des atouts majeurs pour le développement et la diffusion future de cette technologie.
Cette recherche a été menée en collaboration avec plusieurs centres de recherche catalans, notamment l’Institut de Neurosciences de l’UAB, l’Institut Catalan de Nanosciences et Nanotechnologies et l’Hôpital Universitaire Bellvitge – l’Institut Catalan d’Oncologie – l’Institut de Recherche Biomédicale Bellvitge.
Il est important de souligner que cette étude décrit une stratégie expérimentale en phase de recherche. Elle ouvre néanmoins de nouvelles perspectives prometteuses pour le traitement du glioblastome et pourrait conduire à des avancées significatives dans la lutte contre ce cancer dévastateur.
Le processus d’obtention des membranes CATH-M et PYRO-M. Dans le contexte de l’étude, CATH-M et PYRO-M sont des types de membranes bioadhésives expérimentales, développées par des chercheurs pour être appliquées au tissu cérébral après l’ablation chirurgicale du glioblastome. Les noms indiquent différentes formulations du matériau : CATH-M est la membrane contenant de la catéchine, et PYRO-M est une variante alternative testée en parallèle. Les deux sont conçus pour adhérer aux tissus cérébraux humides et pour libérer localement des substances ayant un effet sur les cellules tumorales résiduelles. Crédit: Science avancée (2026)