Publié le 2025-11-05 08:43:00. Face à un cas de chikungunya importé, la ville de Grosseto a ordonné des mesures d’urgence dans un quartier spécifique pour lutter contre le moustique tigre, vecteur du virus.
- Un arrêté municipal a été pris à Grosseto suite à un cas de chikungunya, une maladie virale transmise par le moustique tigre.
- Des opérations de désinsectisation vont être menées dans le quartier concerné, incluant des habitations privées et des espaces publics.
- Les habitants sont appelés à prendre des précautions pour limiter la propagation du virus.
La ville de Grosseto a pris des mesures sanitaires urgentes hier, 4 novembre, autour de la via Orcagna. L’édile Antonfrancesco Vivarelli Colonna a signé une ordonnance visant à endiguer un risque sanitaire lié au chikungunya, virus véhiculé par le moustique tigre (*Aedes albopictus*). Cette décision fait suite à l’hospitalisation, fin octobre, d’un ressortissant étranger atteint par les conséquences d’une piqûre de moustique tigre contractée dans son pays d’origine. Ce cas, qualifié d’« importé » par le jargon médical, a conduit le maire à informer la population, sur la base d’un rapport du service de prévention de l’Autorité Sanitaire Locale (ASL) de Toscane du Sud-Est.
« Le chikungunya est une maladie virale transmise par un vecteur, ici le moustique tigre. Les symptômes incluent fièvre, maux de tête, et parfois des douleurs articulaires intenses ; le terme lui-même, en langue makonde, signifie « ce qui se plie » ou « se tord ». Si la guérison est parfois rapide, elle peut aussi s’étaler sur plusieurs mois. Le virus, identifié initialement en Tanzanie, s’est depuis diffusé sur tous les continents. »
Dr. Giorgio Briganti, directeur du département
Le Dr. Briganti a précisé le contexte épidémiologique, mentionnant que le bulletin sanitaire de la semaine précédente faisait état de 398 cas au total, dont 45 importés et 353 d’origine locale, avec des foyers identifiés en Émilie (Modène, Bologne) et à Vérone. Le cas de Grosseto représente le huitième cas autóctone détecté en Toscane cette année, tous étant d’origine importée.
La période d’incubation du virus varie généralement entre trois et douze jours, avec une moyenne de sept à huit jours. Selon le Dr. Briganti, la personne admise à l’hôpital Misericordia aurait pu être infectée entre le 18 et le 25 octobre. « Le problème, c’est qu’une piqûre du moustique tigre peut contaminer d’autres personnes dans un rayon de 200 mètres », a-t-il ajouté, soulignant le risque de transmission.
C’est dans cette optique que l’ordonnance municipale a été émise, en conformité avec les directives du Ministère de la Santé, notamment le dernier « Plan National de Surveillance et de Réponse aux Arbovirus » relatif aux moustiques invasifs comme le vecteur du chikungunya. Les mesures s’appuient également sur le plan de surveillance des arbovirus de la Région Toscane, qui préconise des interventions ciblées aux abords des lieux où les cas de contagion ont été recensés.
La zone d’intervention définie par l’arrêté municipal couvre la via Orcagna, entre les numéros 116 et la via Marsiliana, ainsi que le tronçon de la via Orcagna allant du numéro 116 vers le sud jusqu’à son extrémité praticable. La via Marsiliana, jusqu’à son intersection avec la via Palazzoli, est également incluse.
Les opérations de désinsectisation concerneront notamment un chantier situé en face du numéro 13 de la via Marsiliana, les abords de la via Marsiliana entre cette rue et la via Palazzoli (propriété Immobiliare Vichi), ainsi que les haies et le vestiaire extérieur du terrain de baseball « Simone Scarpelli ». L’objectif est de réduire rapidement la densité du moustique tigre dans les secteurs fréquentés par le patient infecté, afin de minimiser le risque, bien que distant, de transmission autochtone d’arbovirus.
Ces interventions utiliseront des insecticides et comprendront des traitements adulticides et larvicides, menés aussi bien sur les terrains publics que privés. Des inspections « porte-à-porte » seront réalisées pour rechercher et éliminer les gîtes larvaires péridomestiques au sein des habitations situées dans la zone identifiée.
La municipalité demande aux résidents, aux syndics d’immeubles, aux commerçants et aux responsables d’activités productives de faciliter l’accès aux équipes de désinsectisation. La direction sanitaire de l’hôpital Misericordia a également reçu l’instruction de procéder à la désinfection des espaces verts, places et parkings sous sa responsabilité.
Les apiculteurs situés dans un rayon de 300 mètres autour des zones de traitement (cinq exploitations concernées) sont invités à prendre des précautions. Il leur est recommandé de rester à l’intérieur, fenêtres et portes fermées, et de suspendre le fonctionnement des systèmes de ventilation. Les animaux domestiques devront être gardés à l’intérieur, avec leurs gamelles et abreuvoirs protégés par des bâches en plastique. Les fruits et légumes des potagers devront être rentrés ou les cultures protégées par des bâches.